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samedi 26 juillet 2025

Ce qu'il ne fallait pas louper le premier soir du Lollapalooza Paris 2025


Huit ans après sa première édition parisienne et l’article assassin que je lui avais consacré – je n’ai pas osé le relire et me contente de le citer – il était temps de redonner une chance au festival Lollapalooza. Dieu merci, l’eau a coulé sous les ponts et je suis ressortie enchantée de cette première soirée du Lollapalooza 2025.

En ce vendredi 18 juillet, le temps était trop lourd pour me donner l’envie de 
fouler l’Hippodrome de Longchamp en même temps que tout le monde. Flemme de faire la queue pour ensuite assister à des concerts en plein cagnard. Je préfère préserver mon énergie et cibler trois à quatre concerts afin de les vivre intensément. Alors tant pis pour le rock indé de Balu Brigada et le hip hop très Beastie Boys de Joey Valence&Brae, j’ai juste eu le temps d’entendre Alex Warren chanter son tubesque « Ordinary » au moment de passer les contrôles.

J’arrive donc sur le site aux alentours de 18h45, soit l’heure de début de Lola Young. Ça tombe bien, je voulais absolument la voir. Comme pour l’ensemble de cette soirée, je n’ai RIEN filmé ni photographié des concerts. Si vous voulez voir des vidéos par définition incapables de retransmettre la magie de l’instant présent, il y a ce qu’il faut sur TikTok ou Youtube. J’étais tellement bien que je n’ai ressenti ni l’envie ni le besoin d’immortaliser les choses. Ce qui ne veut pas dire que je ne le fais pas pour d’autres concerts tout aussi géniaux. Disons que cela dépend de mon humeur.


Lola Young : la f*ck you attitude so English it hurts


L’interprète de « Messy » a livré une prestation tout à fait honorable malgré les conditions climatiques dont elle ne se cachait pas de souffrir. Those sticky bodies...Elle tient les notes comme c’est pas permis et sa voix puissante a un effet très cathartique. Car si l’ensemble des titres semblent un peu fade en version studio, ils revêtent une tout autre dimension lorsqu’ils sont interprété en live. Par exemple, j’ai adoré entendre « Conceited », ma préférée de l’album si bien nommé « This wasn’t meant for you anyway ». Voilà, c’était Lola au Lolla – je m’en serais voulue de ne pas la faire ! On peut enchaîner maintenant.


The Last Dinner Party ou la nouvelle sensation rock UK


Spoiler : la soirée monte crescendo en matière de préférence personnelle. Ce groupe entièrement composé de meufs – la rareté du fait et la joie qu’il entraîne en moi me poussent à le souligner – envoie du lourd. Leur premier album « Prelude to Ecstasy » est absolument magnifique et varié. Il me rappelle les années 80 et plus particulièrement Kate Bush. On peut aussi citer Florence and the Machine, mais comme j’ai une prédilection pour la première, j’ai tout de suite pensé à elle en découvrant The Last Dinner Party. L’influence s’exerce par ailleurs sur le plan visuel, puisque le côté baroque est totalement assumé dans les tenues et les décors. Quant aux clips, n’en parlons pas. On est à la limite du court métrage tant ils sont soignés, ce qui est très caractéristique des années 80.


Sur scène, la chanteuse Abbigail Morris fait le show, interagit énormément avec le public, et ses camarades possèdent au moins autant de charisme qu'elle. C’était absolument génial ! J’adore ce groupe, avec son exigence dans les compositions et son originalité qui leur a permis de créer un univers en faisant du neuf avec du vieux. Pour un délicieux cockail à consommer sans modération jusque dans la salle de sport, prenez une fougue typiquement féminine mélangée à l’énergie pure du rock et ajoutez une bonne dose de claviers très eighties, de type Siouxie and The Banshees. Vous voulez une preuve irréfutable du talent de The Last Dinner Party ? Elles ont fait la première partie des Rolling Stones à Hyde Park en 2022.


Qui est plus sexy que Benson Boone ?


À ma connaissance, personne. Celui qui assume sa filiation artistique avec Freddy Mercury  le goat de la performance scénique  est aussi doué en saltos qu’en chant. Avec une superbe voix de tête au service de tubes catchy aux paroles facilement mémorisables, Benson Boone applique la recette parfaite pour des concerts inoubliables. Son sex appeal a fait remonter une température qui commençait pourtant à descendre péniblement en cette soirée de juillet. Le public très, très, très majoritairement féminin – pas étonnant vu la programmation de cette première journée de festival – était vraiment au top. Ça hurlait les paroles, ça ne filmait pas excessivement, et surtout ça bougeait.


Le jeune homme redouble d’énergie sur scène, plaisante avec le public – rares sont les Américains qui le font tant leurs prestations sont calibrées, et encore moins en festival – et prie même ses spectateurs de ne pas filmer pendant « In the Stars » afin de vivre pleinement la chanson. Et ça a plutôt bien fonctionné. Corps souple et athlétique, bien mis en valeur sous un t-shirt moulant et un pantalon pattes d’eph très stylé avec poches à l’avant. Coupe mulet, moustaches et yeux bleus magnifiques qu’il dévoile en jetant ses lunettes de soleil après quelques notes de « Sorry I’m Here For Someone Else », juste avant d
’exécuter son premier salto avant. Non vraiment, il a tout pour lui, et je ne souscris pas du tout aux critiques dans son pays d’origine à l’égard de son album « American Heart ». Je doute que ses morceaux natteignent un jour le dixième de la postérité de ceux de Queen – et c’est le cas 99 % des artistes ! – mais mon Dieu qu’ils sont efficaces.


Soyons francs : j’en ai vu des concerts dans ma vie, et je n’ai jamais été confrontée à un artiste aussi sexy en live. Il produit un effet de dingue sur toutes les femmes. Non, vraiment, ce soir-là, nous n’étions pas là pour quelqu’un d’autre.



C’est pourquoi après un petit tour dans l’espace Wellness du site – que je recommande vivement, car j’imagine qu’il sera reproduit lors des prochaines éditions – je suis rentrée au bercail. J’entendais Olivia Rodrigo en fond sonore, la plus grosse tête d’affiche de cette soirée, et me disais que sa musique était bien trop inaudible pour les plus de 16 ans. Blague à part, merci à Lola Young, The Last Dinner Party et Benson Boone de m’avoir réconciliée avec le Lolla. Merci aux filles d’être massivement des êtres supérieurs, car cette surreprésentation féminine n’était pas étrangère à l’ambiance hyper cool du festival.


lundi 17 juin 2024

L'empereur de la pop

Les médias français le surnomment « l’empereur de la pop », et je suis entièrement d’accord avec eux. Celui qui a veillé jusqu’au bout l’immense Françoise Hardy, son amie de toujours, elle qui l’a pris sous son aile à ses débuts, revient dans la triste actualité au moment où j’écris cette chronique tardive.

J’ai eu la chance d’assister – ENFIN !!! – à son concert du 9 décembre 2023 au Zénith de Dijon. J’adore Etienne Daho depuis toujours. La voix masculine la plus sensuelle que je connais, des mélodies géniales dont on ne se lasse pas, des paroles tantôt simples tantôt surréalistes – mais toujours belles…Bref, je suis fan. Par ordre de préférence, « Bleu comme toi », « Weekend à Rome », « Tombé pour la France », « Epaule Tattoo », « Le Premier jour », et la moins connue « Sur mon cou » sont dans ma playlist depuis une bonne dizaine d’années. Et comme en plus j’écoute Nostalgie dans la voiture, Etienne Daho m’accompagne souvent dans mes trajets solitaires.

Un couple hyper sympa rencontré à ce concert s’étonnait de la présence d’une personne si jeune. Il n’y a pas d’âge pour écouter de la bonne musique ! Ce serait tellement idiot de se limiter aux sons de sa génération. La vie, ce n’est pas ça. Nous sommes sur terre pendant un temps et l’art est là pour sublimer nos existences. Ne gâchons pas cette chance, restons curieux de tout et ne nous enfermons jamais dans des limites d’âge, de géographie ou d’origine sociale. Jamais.

Bref, je m’égare dangereusement. Retour en vidéos (toujours bien pourries) sur cet excellent concert de notre empereur de la pop.

« Sur mon cou », extrait du poème Le Condamné à mort de Jean Genet, que j’ai découvert ici. Interprétation sobre et bouleversante, il n’en fallait pas moins pour reprendre un texte écrit par une plume aussi soignée que celle de Jean Genet.



« Le Premier jour », une chanson qui aura toujours une place à part dans mon cœur : je n’oublierai jamais ce film de 2008, ni les larmes qu’il m’a fait couler à l’époque.



Son plus grand tube. Un « Weekend à Rome » qu’il n’en finit pas de revisiter sur scène, ici dans une version très électro que je n’avais jamais entendue jusqu’ici.



Ambiance colorée pour l’entraînante « Epaule tattoo ».



2023 a été riche en concerts de qualité et se termine divinement bien. Et dire que si mes parents avaient eu un garçon, ils l’auraient appelé Etienne…<3

The Final F*cked Up Tour

On le sait depuis longtemps : le plus grand groupe de rock français du moment – qui chante en anglais, certes, mais ne faisons pas la fine bouche, nous ne sommes plus dans les années 80 ! – se sépare. Ils s’adorent, ils n’en ont pas marre de faire de la musique. Non. Ils veulent juste se consacrer à d’autres projets artistiques et écolos.

The Final F*cked Up Tour est leur tournée d’adieu, et ce 24 novembre 2023 devait marquer leur dernier passage à Dijon. Mais, surprise ! Ils ont depuis annoncé The Last F*cked Up Tour avec des dates allant jusqu’en 2025. Bref, des adieux presque aussi interminables que ceux de Michel Sardouille. S’il y a moyen de tirer la corde au maximum et de gagner encore un peu d’oseille avant de partir, pourquoi pas ! Je ne leur jette pas la pierre.

C’était la première fois que je les voyais en concert, puisque j’ai passé la dernière décennie à l’étranger. Verdict : les Shaka sont fidèles à leur réputation, et on peut dire que niveau scénographie, ils ont mis les moyens !

Par avance, toutes mes excuses pour la qualité déplorable de mes vidéos. C’est aussi mauvais que pour Maneskin. Mon Samsung basique fait de très belles photos hein, et c’est déjà pas mal pour le prix. Alors ne lui en demandons pas trop.

 

Le traditionnel mosh pit. « J’espère que vous avez une bonne mutuelle », prévenait Frah du haut de sa petite scène au milieu de la fosse. Toujours aussi relous, ce genre de scènes. Si le projet est qu’on ne voie plus rien, c’est réussi.

 


Le traditionnel jeté de fan. Une expérience aux allures mystiques.

 


Le beauf ban bourguignon en plein milieu d’un concert de rock. Si j’avais été Bourguignonne, j’aurais honte de l’être dans ces moments-là.

 


Quand je vous disais qu’ils avaient mis le paquet sur cette tournée. De nombreux choristes/danseurs pour un show puissant, et toujours le singe sur grand écran.

 


En conclusion – ça fait un peu dissert, pour une chronique de concert, mais j’aime bien le décalage –, je me suis pas mal ennuyée malgré ma reconnaissance de leur statut de bêtes de scène. Je pense que je serais ressortie en planant si je les avais vus dans les années 2010, mais bon, tout le monde vieillit – sauf les Cure. Mention spéciale à leur classique, « I’m Picky », super bien réinterprété. J’ai tellement apprécié que j’ai refusé de filmer. C’est d’ailleurs le seul moment du concert dont j’ai gardé un vague souvenir. Shaka Ponk ne peut pas être et avoir été : ils font bien de passer à autre chose.

dimanche 17 septembre 2023

Torna a casa

En mars dernier, les jeunes tauliers du rock international annonçaient leur seule et unique date en France de leur Rush! World Tour. Surprise – ou pas ! – celle-ci a eu lieu dans la capitale des ducs de Lorraine, et accessoirement ma ville de cœur. Comme je les ai bêtement ratés lors de leur passage à l’Accor Arena le 13 mars 2023, je n’ai pas trop tardé à prendre ma place cette fois-ci. Hors de question de louper ces bêtes de scène en Lorraine. L’occasion était trop belle, et mes retrouvailles avec la ville de mes deux premières années d’études faisaient chaud au cœur – ou peut-être était-ce la fameuse canicule record de septembre que nous vivons ?

 

Toujours est-il que Stan m’avait terriblement manqué.

Et dire que je n’avais pas mis les pieds dans le centre-ville depuis la Saint-Nicolas…Contrairement à mon dernier pèlerinage, je ne me suis pas rendue dans mon quartier de résidence, le charmant Faubourg des Trois Maisons, mais juste avant de prendre la navette en direction du Zénith,

 

je n’ai pas pu résister à un arrêt devant ce haut lieu de l’Éducation Nationale qui a abrité les deux années les plus stimulantes de ma vie sur le plan intellectuel.


Même chose pour L’Excelsior. Cette mythique brasserie, chef d’œuvre de l’École de Nancy, accueillait traditionnellement les Saturnales des hypokhâgnes.

 

Je n’insiste pas sur la Pep, le cours Léopold, la place Carrière en plein montage du « Livre sur la Place » - que je suis bien triste de rater une année de plus ou encore - la Vieille-Ville ; il est évident que j’ai foulé ces endroits. Mais comme dirait un grand poète – Yanns dans son chef d’œuvre intitulé Clic clic pan pan : « j’sais qu’le passé c’est l’passé. »

Alors tournons-nous vers le présent et montons dans la navette direction le Zénith de Maxéville. Le parking gratuit étant de 2 500 places pour un événement Open Air avec 20 000 spectateurs attendus,  mieux valait se garer en centre-ville, vendre son deuxième rein pour payer le parking après avoir vendu le premier pour le péage et le carburant, puis rester 40 minutes dans une navette coincée au milieu des bouchons nancéiens pour se rendre sur un site tout près de la sortie d’autoroute. Oui, c’est embêtant, mais quand on parcourt plus de quatre heures de route afin de voir LE concert de l’année, on n’est plus à ça près.

Et inutile de vous dire que cela valait terriblement le coup.

Primo. Avec sa capacité de 25 000 personnes, l’amphithéâtre extérieur du Zénith de Nancy est un site exceptionnel : deuxième « salle » de spectacle de France derrière La Défense Arena, l’endroit bénéficie d’une acoustique exceptionnelle et d’une très bonne visibilité où que vous soyez. J’étais dans les gradins de droite – face à la scène – et je n’ai pas eu à me plaindre. Mais attention aux non sportifs : le chemin pour accéder au Zénith depuis les navettes est une pente caillouteuse. Car oui, le Nord de Nancy est en hauteur – le quartier chaud juste à côté de Maxéville ne s’appelle pas le Haut du Lièvre pour rien. Il faut donc faire attention à ne pas se ramasser en descendant au Zénith et gérer son cardio en sortant. Tout ça en sandales, puisqu’on prévoit rarement des chaussures de randonnée pour se rendre à un concert !

Deuxio. Les vingtenaires italiens ont été à la hauteur de leur réputation. Même chose pour leur public que je qualifierais de très jeune, très féminin et très stylé. Les fans venaient de toutes la France, et peut-être même du monde entier, puisque j’ai entendu de l’anglais américain et beaucoup d’italien autour de moi. Quel bonheur de voir ces gens faire un nombre de kilomètres indécent pour partager un moment inoubliable au nom de la musique. L’amphithéâtre était survolté, plus en forme que jamais car – particularité de Maneskin que j’apprécie énormément, surtout un mercredi soir – le groupe n’a PAS de première partie. Bien sûr que cette tradition permet de belles découvertes, mais elle peut aussi fatiguer, et entre le temps de trajet et le travail abondant avant et après cette journée de milieu de semaine, la première partie s’avérait plus que dispensable.

Les membres débarquent alors un par un aux alentours de 20h30. Cheveux coupés à ras et teints en blond platine, Damiano est plus beau que jamais. Il aurait été pile ma came il y a vingt ans et on ne peut que valider son statut de sex symbol. Les autres membres ne sont pas en reste : Ethan et son style légendaire envoient du bois derrière ses fûts et sa lonnnngue chevelure d’ébène, Vic est aussi charismatique que sexy, and last but not least, Thomas enchaîne les solos de guitare pour mieux nous convaincre que le talent n’attend pas le nombre des années.

À l’instar d’Indochine qui se sont également produits sur la scène du Nancy Open Air cette année, Maneskin transpire la générosité et la reconnaissance envers son public. Malgré leur rythme effréné de tournées et de sorties d’album, les Romains ont l’air de prendre leur pied sur scène et multiplient d’ailleurs les bains de foule. Ici, le grand – dans tous les sens du terme – Thomas sort du bain.

 


Pendant tout le concert, le jeune groupe a enchaîné les tubes, tels que I Wanna Be Your Slave.



Fort heureusement, la setlist ne manquait pas de chansons en italien, reprises en cœur par les nombreux compatriotes présents ce soir-là.



Parmi les moments les plus marquants du concert, j’en citerai trois, chacun dans une catégorie différente. Dans la catégorie humoristique, il y avait la glissade arrière de lunettes de Damiano en plein début de Beggin soldée par un très spontané – et joliment erroné sur le plan linguistique – « F** my glass ». Dans la catégorie émotion, cette reprise a capella de Formidable de Stromae par Damiano pour rendre hommage à son public français a permis au chanteur de montrer pour la énième fois qu’il avait une voix aussi sublime que son visage.

 


Le public avait prévu des petites lumières aux couleurs de l’Italie : on distingue le rouge et le vert ici.



Et enfin dans la catégorie gaieté contagieuse, voici la fin de Kool Kids avec la participation des groupies déchaînées sur scène. Merci à ces veinardes d’être aussi solaires que leurs idoles.

 


Allez, on se quitte sur un de leurs plus grands tubes, sans doute mon préféré. Et je peux vous dire que personne ne s’est senti « the loneliest » ce 6 septembre 2023, ni les jours qui ont suivi. L’effet « après-concert » quoi, toi-même tu sais…



jeudi 20 avril 2023

Parcels, Große Freiheit 36 - 20 novembre 2018

Comme la vie hambourgeoise avant le COVID et avant mon retour dans une petite bourgade fort provinciale était palpitante pour une trentenaire curieuse du monde, mélomane et avide de découvertes ! Dans une métropole internationale, les possibilités de concerts semblent infinies. J’en ai bien profité et seulement deux jours après les Limiñanas, rebelote.



Comme quoi l’automne a ses charmes qui consolent des brèves journées et de la météo locale majoritairement composée de tempêtes et de pluie. Et les couchers de soleil représentent eux aussi un joli lot de consolation.



Mais après les deux concerts mémorables au Hafenklang, celui-ci m’a ennuyée. Il y a deux raisons à cela. La première repose sur l’agencement du lieu. La mythique Große Freiheit 36 qui se transforme en boîte de nuit le weekend avec sa formule trois salles trois ambiances n’est pas optimale pour les concerts. Les gens – ces abrutis, comme je l’ai déjà constaté au Reeperbahnfestival – préfèrent s’agglutiner au fond plutôt que d’avancer pour permettre à la foule de se répartir et donc de ne pas être trop serrée. Pourquoi faire simple quand on peut être con et imiter ces comportements débiles que l’on observe dans les transports en commun à proximité des portières ? Bref, on ne voit rien et on est en mode sardine.



La deuxième raison, par ordre d’importance, à ma non-validation de ce concert de Parcels est tout simplement le style musical. « Ben tu ne savais pas que c’était un groupe électro au moment d’acheter ta place, patate ? », me diriez-vous, selon toute logique. Mais je m’explique ! À cette époque, je vivais dans une certaine abondance financière qui s’accompagnait d’une irrépressible envie de « bouffer » cette ville – envie qui ne m’a jamais quittée depuis que j’y ai emménagé, depuis ce jour où je m’en suis fait la promesse en contemplant le jet d’eau de Jungfernstieg. Or m’imprégner de la ville où j’ai vécu le plus longtemps jusqu’ici rimait avec faire lafête à St. Pauli les weekends – et donc « kiezen » en langage local –, mais aussi et surtout avec écumer les concerts de groupes plus ou moins connus. N’oublions pas que j’étais avide de découvertes à cette époque, et une chanson enthousiasmante – Overnight ? – entendue par hasard me suffisait pour acheter une place de concert. Quitte à ce que le groupe ne fasse pas de rock, quitte à être déçue, quitte à me faire chier entourés de hipsters dans la vingtaine venus se raconter leur life


Non non, je ne mens pas comme vous pouvez le constater. Ça gueule plus fort que les artistes dans le micro…

alors qu’ils avaient pourtant payé pour écouter un groupe à leur image jouer une musique mollassonne.



Bon, ça c’est dit. Merci quand même les gars, rentrez bien !


dimanche 14 août 2022

MS Dockville 2018 : 17 - 19 août

Depuis que j’ai retrouvé le chemin de mon premier enfant avec cet article, j’essaie de rattraper le temps perdu. Quelle ne fut pas ma stupéfaction lorsque j’ai constaté un oubli majeur entre le concert de Dream Wife en mars 2018 et le Reperbahn Festival en septembre de la même année : le festival MS Dockville qui s’est déroulé du 17 au 19 août 2018. Et comme je suis en pleine période de nostalgie hambourgeoise, autant aller au bout de cette émotion en rédigeant un article sur ces quelques jours passés dans le quartier de Wilhelmsburg. Comme son nom l’indique, le festival a lieu sur les anciens docks, un site idéal pour la musique qui s’y joue : indie, pop et électro. Ambiance urbaine et public très jeune, ce qui n’a pas empêché la joyeuse bande de trentenaires que nous étions de passer un excellent weekend.


Le site

Traversé par des canaux, le quartier de Wilhelmsburg est assez excentré vis-à-vis du cœur de Hambourg (Reeperbahn, Jungfernstieg, par exemple). Personnellement, je ne l’ai fréquenté que quelques fois en sept ans pour m’entraîner dans son super centre d’escalade, la Nordwandhalle. Comme tous les quartiers des grandes villes allemandes, il n’est rattaché à Hambourg que sur le plan administratif et possède son propre caractère. Des bâtiments industriels et immeubles d’habitations prolétaires aux coins plus ruraux, cette île entourée par l’Elbe est un petit bijou pour un tel festival et donne aux Hamburger l’occasion de se dépayser en prenant les transports en commun.


Je n'ai pas menti au sujet de la dimension rurale, puisque des moutons paissent sur la digue.


Magnifique coucher de soleil sur l’Elbe. Vue sur le port qui me donne envie de pleurer tellement MA ville – par là, j’entends celle où j’ai vécu le plus longtemps – me manque.

Rethespeicher, silo à grains


Mise en perspective avec notre meilleure amie, la belle blonde au premier plan à droite. Petite foule de festivaliers venus admirer eux-aussi ce beau coucher de soleil.

Décor industriel à tous les coins du site


Encore une jolie photo de coucher de soleil. Et la foule.



Même à Hambourg – ou devrais-je dire, de par son caractère maritime, SURTOUT à Hambourg – les Bretons sont là et entendent bien le clamer avec leur célèbre drapeau.



Les concerts auxquels j’ai assisté


Vendredi 17 août 2018

Everything Everything : groupe d’art rock britannique fort sympathique que je connaissais un peu avant de les voir. La prestation de ces Messieurs en bleu de travail était à la hauteur de ce que j’ai pu entendre avant. Pas mal, donc.

Cigarettes after sex : qui ne connaît pas leurs chansons hyper mélancoliques/sexuelles/déprimantes dans le BON sens du terme ? Et bien contre toute attente, nous nous sommes fait chier pendant le live, perdus dans un nuage de fumée bien trop épais. Toutes les chansons sonnent pareil et Cigarettes after sex fait partie de ces artistes qu’il vaut mieux écouter chez soi.

Superorganism : j’étais venue en partie pour eux, alors qu’ils étaient loin d’être une tête d’affiche. Malheureusement, la prestation était très décevante. Des petits c...euh des d’jeuns pardon, dont l’attitude de branleurs hipsters a eu le don de me souler.

Samedi 18 août 2018

Les Suédois de First Aid Kit et leurs deux chanteuses à la voix sublime (surtout la brune). Coup de cœur.

Alt-J : l’une des têtes d’affiche du festival, mais en fait, c’était pas si bien que ça.

 

Dimanche 19 août 2018

Dernier jour de festival. Arrivé trop vite, il n’en restera pas moins le meilleur sur le plan qualitatif.

Welshly Arms : mon plus gros coup de cœur du weekend. Ce groupe de rock blues américain a su mettre le feu, et comme il représente un genre musical en voie de disparition et quasi absent de cet événement en particulier, ces musiciens resteront mes préférés du festival.

Et voici déjà le dimanche soir. Terminons ce festival par l’un des concerts les plus attendus par le public. Découverte totale pour ma part, les Français de The Blaze prouvent que nous sommes définitivement les rois de l’électro.

dimanche 7 octobre 2018

Reeperbahn Festival 2018 : 19 – 22 septembre


Le temps vole, comme on dit dans la langue de Goethe, et nous en sommes déjà à raconter ma deuxième édition du Reeperbahn Festival. Je vous passe les détails sur l’identité de ce festival, tout est ici. Retenez simplement que c’est LA rencontre de l’industrie musicale en Europe : les jeunes groupes du monde entier s’y produisent pour se faire connaître auprès des labels. L’autre pan du festival consiste en de nombreuses conférences pour professionnels du secteur, mais je n’y étais pas et me limiterai aux concerts.

Cette année malheureusement, une méchante sinusite m’a pris mon samedi et « seulement » trois jours seront chroniqués.

Nouveauté pour ma part, les films. Et oui, ils font partie du programme et ont la particularité d’être projetés dans un petit cinéma indépendant, L’Abaton, hors du périmètre de la Reeperbahn. J’ai donc inauguré mon édition 2018 par « Here to be heard : the story of The Slits », un documentaire sur le premier groupe punk féminin. Y interviennent entre autres les musiciennes de la formation d’origine : la bassiste Tess Pollitt, la guitariste Viv Albertine et la batteuse Palmolive. Du fond de cette salle quasiment vide, je n’ai pas appris grand-chose, si ce n’est qu’elles ont été les premières à promouvoir la laideur chez la femme, comme le montre la couverture de leur album Cut



Et rien que pour cela, elles sont admirables. La personnalité loufoque et bruyante d’Ari Up transcende le film malgré sa disparition des suites d’un cancer qu’elle a refusé de soigner. Mais le plus grand plaisir de ce film plutôt ennuyeux était de voir des images des premiers concerts des demoiselles reggae et de les écouter, tout simplement (Typical girls, Animal Space), car c’était avant tout un bon groupe, novateur et qui a su évoluer, sortir du punk au début des années 80 pour aller vers le reggae et les sonorités africaines.

Le passage aux choses sérieuses, aux concerts donc, a commencé avec Jett Rebel au minuscule St. Pauli Museum. Et franchement, belle entrée en matière. Énorme talent, qui confirme la tendance observée l’année dernière de la qualité des artistes néerlandais.

Dans un autre registre, bien plus au Nord, j’ai eu un énorme coup de cœur pour FRUM des îles Féroé. Une voix extraordinaire, et c’est souvent le cas pour les chanteuses venant du froid, une électro-pop parfois planante, parfois dansante, et même des accents de musique urbaine dans Beat. Bref, un excellent moment passé au Nochtspeicher.

Après une brève transpiration dans un sauna encore plus insupportable pour écouter les Français MNNQNS et leur rock assez répétitif (mais qui selon les dires d’un ami s’est amélioré suite à mon départ), traversons la rue pour aller dans le beau Schmidts Tivoli applaudir une dernière chanson du fou-fou sympathique Flavier Berger qui précède LA vedette.

Alors Julien Doré, comment dire…Il a le don de composer des mélodies sublimes et irrésistibles. Le problème, ce sont ses poses, sa personnalité agaçante sur scène et pire, les versions live de ses chansons qui perdent en intensité. Grosse déception de cette première journée.



Heureusement que la soirée se termine dans la fraîcheur avec les jeunes Norvégiens de I am K au Mojo Jazz Café. Une belle voix et des mélodies efficaces qui nous ont vite fait oublier la star francaise plus blasée que nouvelle.

Jeudi, jeudi. Débutons cette deuxième journée par deux petits concerts sympathiques sur fond d’après-midi ensoleillé. Rock N Roll Radio est un groupe coréen – je n’exagérais donc pas quand je parlais de festival d’envergure internationale en préambule – au rock parfois garage, parfois plus 80’s, mais toujours agréable.



Mon coup de cœur de la journée va à Aquarama, ce petit groupe italien qui nous livre sur la petite scène du Sommer Salon une pop sucrée et dansante, notamment grâce à des percussions irrésistibles.


Et la pluie apporte dans sa morosité mon dernier jour de Reeperbahn festival, même si je l’ignorais encore et me sentais en pleine forme à ce moment-là. C’est donc le corps plutôt en forme tout en recherchant un abri, le cœur léger et l’esprit assoiffé de nouvelles connaissances que je me dirigeais vers l’Abaton pour visionner un documentaire canadien portant sur une problématique féministe. Dans Play Your Gender, la musicienne Kinnie Starr récolte les témoignages d’artistes féminines et d’une poignée d’artistes masculins sur la présence des femmes dans l’industrie musicale. Attention, il ne s’agit pas de leur présence tout court, mais de la représentation de notre sexe aux postes de pouvoir : de la composition à la production en passant par le travail des ingénieurs du son. Aucune surprise : les femmes sont très visibles – on trouve bien des chanteuses sexy à longueur de clips – mais ce sont presque exclusivement des hommes aux manettes. L’immense majorité des chansons interprétées par des femmes ont été composées, arrangées et produites par des hommes. Alors comme partout, on nous dit que les femmes commencent à pénétrer ces métiers techniques, mais la proportion reste infime. Bref. Rien de nouveau sous le soleil, y compris pour la grande mélomane non professionnelle que je suis. C’est dire pour les autres…

C’est donc l’esprit déçu que je rentre à la maison pour patienter jusqu’aux premiers concerts de la soirée. Le premier d’entre eux me fait vite oublier cette perte de temps cinématographique car Hyphen Hyphen est fidèle à sa réputation de bêtes de scène. La chanteuse a toujours de beaux graviers dans la voix et les morceaux de leur deuxième album semblent à la hauteur du premier. On peut clairement dire que les Niçois ont fait exploser le Bunker.



Direction l’obscure Bernhard-Nocht-Straße pour terminer la soirée au fief des artistes danois, la Nochtwache. Et quel kif, mes aïeux ! Après le bon rock pur et dur, mais aussi entraînant, de TheFlorines, je pensais qu’on allait difficilement faire mieux. C’était sans compter l’arrivée du « duo qui sonne comme un quartet », The Courettes. La salle est minuscule et comme pour le groupe précédent, je pouvais à peine voir le haut de la tête des musiciens – de la chanteuse-guitariste en l’occurrence - pendant le concert, mais alors quelle énergie ! Le look est là, le son est garage cra-cra comme on aime, tout en employant des mélodies faciles à suivre. On s’approche plus du recyclage que de la créativité, mais qu’est-ce que ça fait du bien ! Le batteur avait raison de conclure son show par « You can go home now, cause you’ve seen the best », car j’ai suivi son conseil. Cette édition 2018 s’achève en laissant derrière elle un bilan mitigé : sinusite, fatigue et samedi sacrifié, mais aussi mon coup de cœur général en guise de clôture. Les places sont prises pour leur passage au Pocca Bar le 20 octobre. Je fais enfin les VOIR.

Quant à toi, Reeperbahn Festival, tu ne perds rien pour attendre. Le pass 4 jours pour 2019 est pris et on croise les doigts pour tenir jusqu’au bout cette fois !

vendredi 29 décembre 2017

Drum The World Hambourg, 22.12.2017

Comme je viens de l'évoquer dans mon article sur Hambourg, le Knust est un club de St. Pauli avec une programmation de concerts plutôt intéressante. J'en ai eu à nouveau la preuve le vendredi 22 décembre 2017 grâce à Drum The World


pour finir en beauté cette année 2017 si riche en lives (cf. les comptes rendus du Reeperbahn Festival et du Lollapalooza Paris, sans oublier le mini poème sur les Stones). Attention : la vidéo ci-dessus ne représente pas le show auquel j'ai assisté, mais s'en rapproche. Car j'ai un principe : je vis les concerts et filme donc rarement, comme vous avez pu le constater dans les autres articles comportant très peu de vidéos personnelles, si ce n'est aucune.
Prévenue en fin d'après-midi seulement grâce à un ami israélien lui-même ami du leader (Oded Kafri), je me suis retrouvée au milieu d'une salle pleine à craquer et toujours aussi brûlante, y-compris un jour de décembre. Or je parle plus de l'ambiance que de la température ambiante. L'artiste vivant à Hambourg et se produisant régulièrement dans les rues du centre-ville avec ses comparses, 


il n'avait pas grand monde à convaincre ce soir-là. Le public était comme qui dirait à fond, et les cadeaux de Noel offerts à Oded Kafri sous nos yeux ébahis après le concert ont confirmé son statut de célébrité locale à la communauté de fans assidus.

Et c'est ainsi qu'un cercle vertueux se forme : un public acquis se déchaîne et des musiciens emportés par la ferveur n'arrivent plus à cesser les réjouissances. Ce qui a finalement donné un concert sans fin qui s'est terminé par une interminable improvisation de plus d'une heure après "la dernière chanson" annoncée. Le tout a duré environ deux heures et trente minutes, se plaçant alors en deuxième position de mon palmarès des concerts les plus longs. Les indétrônables The Cure restent bien évidemment en tête avec trois heures de pur bonheur.

Le leader hyperactif, l'hallucinant Christian von Richthofen à la voix de chanteur black de reggae et leurs deux acolytes à l'énergie et au sourire contagieux ont littéralement enflammé et tenu en haleine jusqu'au bout du bout le Knust, même dans un tel contexte d'ennui mortel lié à ce qu'on appelle communément "la période des fêtes".

Leurs guests du monde entier ont été à la hauteur et la diversité des styles et instruments exotiques n'a eu d'égal que leur talent. Mention spéciale à un groupe de kurdes inconnus, également artistes de rue basés à Hambourg, qui pour moi ont volé au-dessus du lot déjà bien haut.

Ça fait du bien de se rappeler que 2017 a été belle car remplie de bons concerts. Et toutes ces percussions, quel pied !

lundi 25 septembre 2017

Reeperbahn Festival 2017

Aussi ridicule que cela puisse paraître au bout de quatre années passées dans la cité hanséatique, cette édition 2017 du Reeperbahn Festival a été ma première. Or, je regrette d’autant plus amèrement de ne pas avoir participé aux précédentes compte tenu la qualité de ce que j’ai pu découvrir pendant ces quatre jours intenses.
D’après Wikipédia, ce festival représente l’un des rendez-vous musicaux les plus importants d’Europe. Là encore, vu la quantité, la qualité, mais aussi la diversité de nouveaux groupes qui s’y sont produits, je souscris volontiers aux dires de la sacro-sainte encyclopédie numérique. Pour faire simple, le Reeperbahn Festival est un événement musical au cours duquel de jeunes artistes se produisent dans des clubs autour de la mythique avenue. Pour les habitants de cette ville de deux millions d’habitants, c’est également l’occasion de découvrir des clubs jusque-là inexplorés. En ce qui me concerne, j’ai enfin pénétré le légendaire Mojo Club au sous-sol des tours dansantes de la Reeperbahn. Sublime. J’avoue cependant connaître la quasi-totalité des autres clubs où avaient lieu les concerts. On est fêtarde ou on ne l’est pas !
Trêve de plaisanterie : voici mes modestes recommandations musicales SANS vidéos personnelles puisque j'ai passé quatre jours merveilleux. Cette phrase est à méditer.

Mon festival a commencé en ce mercredi 20 septembre par les Autrichiens de Farewell Dear Ghost dans la salle qui a accueilli le premier concert d’un obscur groupe de Liverpool des années 60 : l’Indra-Club. Malgré un gros problème technique en fin de concert, j’ai aimé la prestation et cette électro pop dans l’air du temps.


On enchaîne avec les Français Kid Francescoli au Molotow Sky Bar. La file d'attente pour y entrer était trompeuse : ce groupe était d'un ennui abyssal.

Retournons à l'Indra pour d'autres Autrichiens, encore plus débutants que le reste des débutants : le duo Ant Antic. Très sympa, même si nous n'avions assisté qu'à la fin du concert.


Puis, de nouveau à la salle bastion des groupes français ce soir-là, le coup de cœur de la soirée a frappé. Si l'on se limite aux clips, Papooz fait de la musique de petits fils à papa parisiens. Même s'il n'y a rien de mal à cela, ce n'est pas ce que je préfère. Pourtant, le live m'a semblé bien loin de ce qu'on pouvait trouver sur Youtube et l'énergie était folle. Ce groupe est à surveiller de près.


La folie de Papooz et d'un public gonflée à bloc redescendue, descendons les escaliers du Sky Bar pour accéder à la salle principale du Molotow. Et là, surprise : j'aime un groupe de hip-hop !!! Avec des grosses guitares et un chanteur ultra rageant, ceci explique cela, mais tout de même. Je salue les écossais de The LaFontaines et aimerais vraiment les revoir sur le continent.



Ainsi s'achève la première journée de danse et de piétinements. Allongées sur mon lit, mes jambes alourdies pendant des heures me disent que j'aurais du mal à tenir trois jours de plus. 

Qu'à cela ne tienne ! Mon goût du défi face à mon corps a vaincu les petites fatigues et ce jeudi 21 a été le plus intense en live. Très hollandais d'ailleurs, puisqu'on commence avec du bon gros rock comme on l'aime : Navarone. Le groupe m'a énormément plu et aurait pu être mon préféré du jour s'il n'avait été détrôné par leurs compatriotes (affaire à suivre).


Vient alors une chanteuse canadienne dans le très joli petit "Kukuun" du "Klubhaus", le bâtiment lumineux sur la Spielbudenplatz. Elle s'appelle Adaline et je me suis fait chier comme un rat mort. 

Je suis donc vite retournée au Molotow pour tomber amoureuse d'autres Hollandais, My Baby. J'y ai réfléchi pendant les heures suivant la fin du festival et je peux désormais rendre mon verdict : c'est le meilleur groupe que j'ai vu pendant ces quatre jours. La chanteuse est sublime, possède un charisme incroyable et personne ne peut résister à leur musique. Ultra-dansante, elle a littéralement retourné la salle cet après-midi. J'encourage quiconque tombe sur cet article à se pencher sur ce groupe extraordinaire funk-pop-blues-rock-psychédélique.



Après une pause câlins avec mes chats pour reprendre des forces, je fonce au sous-sol de Bahnhof Pauli qui, comme l'indique son nom, ressemble à une station de métro. Les nappes de synthé mélancoliques des britanniques Flawes m'auraient vraiment plu si la sono n'était pas aussi mal réglée dans ce lieu pourtant minuscule. Oui, c'est un peu le problème des petits clubs d'Allemagne (je ne me souviens pas avoir eu cette expérience ailleurs). C'est trop fort et ça gâche tout.


Heureusement, le Häkken (juste en haut à droite) n'a pas cette décadence. J'apprécie énormément ce club pour y avoir passé une excellente soirée Couchsurfing et assisté à très bons petits concerts de groupes français. Or il se trouve qu'une fois de plus, cette salle m'a offert un très bon moment grâce à la pop électro déhanchante des mancuniens de Shy Luv. On peut effectivement attribuer au chanteur le prix du meilleur déhanché, dont l'étendue est malheureusement limitée sur cette vidéo Youtube.



Après avoir constaté que les jeunes de Manchester n'étaient décidément pas du même monde, je poursuis la nuit au Festival Village avec (encore) d'autres Hollandais irrésistibles. Sue The Night a tenu bon depuis le toit de la Fritz Bühne malgré un problème sur une enceinte et un public ultra-maigre, (mais enthousiaste !).


La soirée s'achève dans une Bahnhof Pauli bondée, quantité bien chère payée par rapport à la qualité des Américaines de The Aces. Une chanson supportée et hop, au dodo !


Le weekend commence alors sur les chapeaux de roues avec The Drums dont, une fois n'est pas coutume, je connaissais les petits tubes "I wanna go surfing" et "Blood under my belt". Petite photo du "Übel und Gefährlich" (alias "le bunker"), bastion de l'électro et de la culture, pour le coup réquisitionné à l'occasion d'une belle messe surfer pop et sons mancuniens. 



Oui, j'avoue avoir été très surprise quand ils ont débarqué en disant "We are The Drums from New York City".


Après avoir bien dansé sur ces mélodies rétro hyper sympa, je saute dans le métro pour rejoindre d'autres amis au (très éloigné) Molotow et écouter un peu de song writer music. Le Canadien Isaac Gracie a une fois magnifique et des chansons douces, mais le public n'arrêtait pas de papoter. Il est vrai qu'il n'y a pas de meilleur endroit et moment pour raconter sa vie...


C'est pourquoi il était temps de grimper au Sky Bar pour assister à la résurrection envoûtante de Joy Division à travers les Holygram de Cologne.


Puis je quitte mes amis pour me faufiler dans le plus beau bar de Hambourg, le bien nommé Prinzenbar, assister à un concert intimiste de soul/RnB dansante du très beau Rhys Lewis. Il a été mon artiste préféré de la soirée, malgré la sono bien trop puissante du tout petit bar des princes.


Point culminant de ce vendredi : la très attendue Beth Ditto. Je n'ai assisté qu'aux dix dernières minutes, mais n'ai pas spécialement apprécié la prestation. Madame s'est peut-être embourgeoisée depuis que Gossip n'est plus. À sa décharge, elle partait de très haut et ne pouvait que descendre en énergie ! Mention spéciale à la chanson populaire "In Hamburg sagt man Tschüß" fredonnée avec le public, qui n'est pas sans rappeler le "MOIN HAMBURCH" lancé par Mick Jagger quelques jours plus tôt. 

Quand le dernier jour de festival est arrivé, j'avoue avoir ressenti un mélange de soulagement et de nostalgie précoce. Je me suis bien dit le premier soir écroulée sur mon lit que je ne tiendrai pas trois jours de plus à courir et faire la queue d'un sauna à l'autre pour me déchaîner sur des artistes tous plus brillants les uns que les autres. Pourtant, j'ai tenu et cette demi-semaine me manque encore à l'heure où j'écris ces lignes, soit près d'une semaine plus tard.

Fermons la parenthèse pour en ouvrir une que je refermerai aussitôt : le concert de Martin Kohlstedt nommé Currents dans un "Dome" planté spécialement pour l'occasion dans le "Festival Village" était aussi soporifique que prisé.

Fort heureusement, un joyeux duo de rockers suisse, les Weyers, se produisait à quelque pas de là, sur la Spielbudenplatz (scène "Olivia Kiez Oase"), et s'est mis dans la poche un public trop peu nombreux. Les deux frères et leur classic rock montrent, à l'instar de nombreux groupes célèbres, qu'une guitare et une batterie suffisent à faire de bon morceaux.



Quelques mètres plus loin, les Hongrois déjantés (pléonasme ?) Ivan & The Parazol réchauffent la scène Spielbude ainsi que son public compact et enthousiaste. Leur musique représente clairement tout ce que j'aime : du bon garage rock très 70's. Le tout colle bien avec l'attitude et le look des membres du groupe, en particulier du guitariste sosie de Johnny Thunders. Même les gimmicks y étaient.


Après un passage obscur et dispensable par la rue Silbersack (surtout n'y allez pas, sauf s'il vous faut de la mauvaise dope ultra-coupée), je découvre un établissement dont j'ai toujours beaucoup entendu parler : le Nochtspeicher, avec la cave Nochtwache. Arrivée dans le sauna du haut, je me suis dit que toute personne désireuse de perdre du poids pouvait y allier l'utile à l'agréable grâce à de bons concerts. Étant très mince, je me suis contentée de l'utile avec la jolie fin de concert de la londonienne Marika Hackman. Ravie d'avoir assisté à cette petite surprise anglaise qui sonne à l'américaine (inverse de The Drums, voir ci-dessus), je ne regrette pas d'avoir fait un petit détour en haut avant le concert que j'étais venue voir en bas.


Sur le canapé de la Nochtwache, la douce fraîcheur de la cave se mêle parfaitement à celle de la voix et des jolis textes en français de la chanteuse Fishbach, très timide et touchante, surtout lorsque la pauvre doit parler au public dans une langue étrangère. Seul concert de la soirée que j'ai pu voir dans son intégralité, je l'aurait hissé en tête de mon classement personnel si ce qui allait suivre ne m'eût encore plus charmée.


Reprise donc des fameux escaliers vers le hammam et atterrissage en plein milieu d'un public survolté devant un groupe dont la pop électro ultra dansante et sympathique mérite largement cet accueil. Après quelques chansons, le concert s'achève déjà pour moi et les musiciens de All We Are ont l'air indubitablement scotchés par l'énergie du public hambourgeois. Décidément, quelle ambiance pendant ce festival !


Et c'est à cet instant que je décide de pénétrer (enfin), ce club mythique : le Mojo ! (voir article Wikipédia). Après une longue attente dehors, je pénètre enfin dans cette salle sublime et profite de la dernière chanson de la très beyoncéesque Ella Eyre.



S'enchaînent alors deux fins de concerts, puis un show écourté pour ma part, fatigue oblige. Et dire que mes potes sont restés au Molotow pour la soirée "Motorbooty"...Quelle santé !

Tout d'abord, une chanteuse Suédoise blonde platine qui, sous le pseudonyme de Rein, se déchaîne sur la petite scène du Kukuun grâce à son électro géniale. De la pure ("rein" en allemand) énergie.


Puis deux DJ islandais à la musique aussi déprimante que la simple idée de leur pays. einarIndra, pour info.

Pas la peine de s'éterniser au SommerSalon. Filons vite au Angie's Club pour y découvrir un joli et chic club sur la  Reeperbahn et surtout un jeune groupe allemand très réjouissant. Les Lion Sphere viennent de Berlin, comme tous les rares bons musiciens allemands, et je ne saurais définir leur style musical tant il mélange les genres avec brio. Une chose est sûre, j'ai hâte qu'ils reviennent dans ma ville pour les voir en entier, cette fois-ci reposée et en dehors du cadre du plus beau festival auquel j'ai pu me rendre.


Merci pour ces quatre jours rock and roll !