vendredi 29 décembre 2017

Drum The World Hambourg, 22.12.2017

Comme je viens de l'évoquer dans mon article sur Hambourg, le Knust est un club de St. Pauli avec une programmation de concerts plutôt intéressante. J'en ai eu à nouveau la preuve le vendredi 22 décembre 2017 grâce à Drum The World


pour finir en beauté cette année 2017 si riche en lives (cf. les comptes rendus du Reeperbahn Festival et du Lollapalooza Paris, sans oublier le mini poème sur les Stones). Attention : la vidéo ci-dessus ne représente pas le show auquel j'ai assisté, mais s'en rapproche. Car j'ai un principe : je vis les concerts et filme donc rarement, comme vous avez pu le constater dans les autres articles comportant très peu de vidéos personnelles, si ce n'est aucune.
Prévenue en fin d'après-midi seulement grâce à un ami israélien lui-même ami du leader (Oded Kafri), je me suis retrouvée au milieu d'une salle pleine à craquer et toujours aussi brûlante, y-compris un jour de décembre. Or je parle plus de l'ambiance que de la température ambiante. L'artiste vivant à Hambourg et se produisant régulièrement dans les rues du centre-ville avec ses comparses, 


il n'avait pas grand monde à convaincre ce soir-là. Le public était comme qui dirait à fond, et les cadeaux de Noel offerts à Oded Kafri sous nos yeux ébahis après le concert ont confirmé son statut de célébrité locale à la communauté de fans assidus.

Et c'est ainsi qu'un cercle vertueux se forme : un public acquis se déchaîne et des musiciens emportés par la ferveur n'arrivent plus à cesser les réjouissances. Ce qui a finalement donné un concert sans fin qui s'est terminé par une interminable improvisation de plus d'une heure après "la dernière chanson" annoncée. Le tout a duré environ deux heures et trente minutes, se plaçant alors en deuxième position de mon palmarès des concerts les plus longs. Les indétrônables The Cure restent bien évidemment en tête avec trois heures de pur bonheur.

Le leader hyperactif, l'hallucinant Christian von Richthofen à la voix de chanteur black de reggae et leurs deux acolytes à l'énergie et au sourire contagieux ont littéralement enflammé et tenu en haleine jusqu'au bout du bout le Knust, même dans un tel contexte d'ennui mortel lié à ce qu'on appelle communément "la période des fêtes".

Leurs guests du monde entier ont été à la hauteur et la diversité des styles et instruments exotiques n'a eu d'égal que leur talent. Mention spéciale à un groupe de kurdes inconnus, également artistes de rue basés à Hambourg, qui pour moi ont volé au-dessus du lot déjà bien haut.

Ça fait du bien de se rappeler que 2017 a été belle car remplie de bons concerts. Et toutes ces percussions, quel pied !

mercredi 27 décembre 2017

Ahoi Hamburg

En créant les catégories pour le menu de ce blog, je me suis rendu compte que le libellé « Voyages » comportait bien trop peu d’articles. C’est tout de même un comble pour l'une de mes plus grandes passions ! Alors à défaut de vous faire découvrir une destination exotique comme le Vietnam et l’Argentine, ou encore une ville coup de cœur, j’ai décidé de traiter ma ville de résidence : Hambourg. J’ai beau y vivre depuis quelques années, trop nombreuses à mon goût, je suis loin de connaître la cité hanséatique comme ma poche.
Commençons par le plus spectaculaire. La vie nocturne y est extravagante, surtout dans le quartier de Sankt Pauli 

Statue de Bismarck marquant l'entrée de la Reeperbahn
qui s’articule autour de la célèbre Reeperbahn, parallèle au port. Or qui dit port, dit marins ; et qui dit marins, dit putains ! Il ne faut pourtant pas restreindre ce périmètre à son simple rôle de haut lieu de la prostitution (Sündeviertel, quartier du vice en allemand) puisqu’il regroupe avant tout l’essentiel des clubs et bars pour faire la fête. J’avais déjà abordé la scène festive autour de cette avenue mythique dans mon article sur l’excellent ReeperbahnFestival
Quelques recommandations hautement personnelles pour s'éclater : le Zwick avec du bon live et un public de tous âges directement à la sortie du métro (station St. Pauli), le Molotow pour du bon indie-rock cette fois avec des gamins de 22 ans maximum et directement à la sortie du S-Bahn à côté de la Beatles-Platz (station Reeperbahn), et enfin le Headcrash et le Lunacy (tous deux spécialisés dans la musique métal) sur la célèbre et bondée Hamburger Berg. Les festoyeurs de la semaine trouveront deux très bons clubs sur cette irréductible petite perpendiculaire à la Reeperbahn : le Roschinsky et le Barbarabar
Pour danser au son des années 90 il existe les fameuses soirées « No limit 90’s » organisées tous les mois par la radio Energy dans le théâtre Schmidts Tivoli directement sur la grande avenue, côté clean (l’autre côté étant celui du sexe, pour faire vite). À ne pas rater également, les soirées 80’s, 90’s et 2000’s de la salle principale du club Große Freiheit 36 qui accueille des concerts le reste du temps. À propos, c’est dans sa Kaiserkeller (littéralement « cave de l’empereur ») qu’un obscur groupe de Liverpool a joué pour la première fois il y a quelques décennies. La Große Freiheit, autre perpendiculaire à la Reeperbahn, porte d'ailleurs bien son nom (Freiheit=liberté) car elle compte en majorité des sex shops, bars à hôtesses, établissements de table dance et autres réjouissances. Toutefois, elle ne s'appelle pas ainsi depuis le XVIIe siècle pour cette raison, mais en référence à l’indépendance religieuse et commerciale de l'ancienne ville d'Altona. Tout simplement. 

Große Freiheit

Parenthèse historique refermée, la Hans-Albers-Platz est le dernier lieu incontournable du quartier de l’excès. Je conseille le Molly Mallone pour de la bonne musique live avant d’enchaîner par une nuit de danse au Frieda B. ! Au petit matin, la tradition veut qu’on descende sur le Fischmarkt (marché aux poissons) à Altona, mais ce n’est pas mon truc personnellement...Mis à part pour apprécier un lever de soleil très pittoresque sur le port.


Petite précision pour les non initiés : Sankt Pauli est certes bondé de touristes le weekend, mais le parcours classique du fêtard commence par quelques verres dans le quartier hipsters alternatif de Sternschanze. Les endroits les plus populaires sont la Haus 73, le Katzenbar et le Goldfischglas.
Un peu plus loin, autour de la Feldstraße, les amoureux de musique électro trouveront leur bonheur au bunker, le célèbre Übel und Gefährlich
Le Knust a quant à lui une programmation de concerts souvent intéressante et constitue un véritable paradis en été avec ses marches donnant sur une place étendue. Il paraîtrait même que ses Kopfhörer-Partys (soirées écouteurs) sont top.
Bon ça, c’était pour la nuit.

Passons au jour, et au plus « grandiose » : j’ai nommé les promenades autour de l’Elbe.

Non, pas la Hanfenstraße et ses nombreux squats,
embrasée pendant le G20
Je ne peux que vous conseiller de descendre à la station de métro Landungsbrücken pour prendre un ferry, au tarif normal de la compagnie des transports publics HVV, qui vous fera longer l’Elbe et vous permettra d’admirer le port depuis l’eau. 


Essayez d’aller jusqu’à Blankenesee, ancien village de pêcheur devenu une sorte de ghetto pour riches, et visitez son sublime Treppenviertel ("quartier des marches") pour vous sculpter des mollets en or. Comme l'indique son nom, il regroupe différentes villas accessibles par des escaliers ; aucune voiture ne passe.

En été, les plages de l’Elbe 

Plage de l'Elbe, sable fin,
avec au loin le bloc erratique nommé Alter Schwede
sont bondées, notamment à proximité du bar de plage Strand Pauli, mais la plus jolie plage est pour moi dans le quartier de Rissen. C’est vraiment une astuce en or que je vous donne car elle est plus éloignée du centre et difficilement accessible, donc moins prisée. La plage se distingue par un phare et sa fréquentation plutôt familiale, contrairement aux endroits plutôt « cools » et « jeunes » à proximité du centre.

Pour accéder à la plage, il faut traverser un petit bois.

La meilleure façon d’admirer la skyline de Hambourg, désormais sublimée par la prestigieuse Elbphilarmonie

Le socle est un ancien entrepôt en brique rouge, marqueur de l'identité de la ville
Le toit du bâtiment est accessible gratuitement et donne une très jolie vue sur le port -
à gauche : le bateau-musée Cap San Diego avec ses mythiques afterworks du jeudi !
est de passer par le Alter Elbtunnel (entrée à Landungsbrücken) pour, comme l’indique son nom, traverser l’Elbe en dessous du niveau de l'eau avant d’arriver sur l'autre rive.

Une fois revenu côté ville, tout visiteur qui se respecte ne peut manquer le lieu le plus sublime de Hambourg : la Speicherstadt, quartier d’entrepôt classé depuis 2015 au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Sankt Michaelis, église symbole de la ville (et de paix) surnommée der Michel, est un autre incontournable. Attention, elle n’a rien d’extraordinaire, mais d’éminents personnages sont enterrés dans sa crypte et surtout le haut de son clocher offre la meilleure vue de la ville. Je recommande également un tour vers le Rathaus et les rues environnantes.

Quittons désormais la grande Elbe pour rentrer dans le vif de la beauté : l’Alster

Vue automnale depuis le Krugkoppelbrücke - photo non retouchée !
Plus mignon et plus charmant, ce lac artificiel qui se jette dans l’Elbe a depuis toujours mon admiration. Or je ne suis pas la seule, à en croire les hordes de touristes régulièrement assis sur les marches de Jungfernstieg devant la Binnenalster (Altster « intérieure »).

Atlantic Hotel Kempinski sur le bord de l'Alster,
lieu de tournage de certaines scènes du James Bond Tomorrow Never Dies
Conseil d’initié en passant : montez prendre un bon café au Coffee Shop de la Poststraße un peu plus loin car il vous donnera une vue imprenable sur le petit canal.

Derrière la vitre de The Coffee Shop
Pour un bon bol de verdure, et Dieu sait si les villes allemandes savent en offrir, le parc Planten un Blomen me semble être la meilleure solution pour le touriste, car très central. Ne ratez pas son joli jardin japonais, 

Planten un Blomen
son spectacle nocturne de jets d’eau tous les soirs en été et sa patinoire en hiver. Mais le vrai poumon vert adoré de la ville reste le Stadtpark, avec sa piscine en plein air (eau naturelle) pour se rafraîchir pendant les quelques jours de chaleur que Hambourg peut avoir en été (blague de locaux...).
En tant que résidente des quartiers bordés par l’Alster, je sais à quel point ces coins de la ville invitent à de très jolies promenades, notamment grâce aux villas qui trônent au bord de l’eau. Je ne peux  que vous conseiller de longer le lac (Aussenalster cette fois) sur la route Schöne Aussicht jusqu’au célèbre café Alsterperle, puis de faire un tour devant la jolie mosquée bleue, bien cachée entre les somptueuses villas, avant de profiter de la vue imprenable sur l’étendue d’eau depuis Fernsicht. Prenez ensuite la rue Leinpfad à votre gauche pour admirer les villas hanséatiques donnant sur une Alster plus charmante car réduite en canal. Celle-ci se ré-étendra un peu plus loin, après cet endroit situé juste à côté du théâtre Winterhuder Fährhaus.


Coucher de soleil sur l'Alster 
À gauche (non visible, mais pour info) : embarcadère Café Leinpfad
pour une petite croisière sur le lac
Voilà, voilà. N'hésitez pas à poser vos questions en commentaire ou en privé !

dimanche 24 décembre 2017

La pureté du bien-être animal


Cachez ce monde que je ne saurais voir !
J'aime le sommeil, la tendresse et les croquettes.
Dans mon territoire le bipède a fait la conquête
De mon instinct sauvage pour me faire entrevoir

L'amour inconditionnel d'un être misanthrope
Prêt à m'offrir l'infinie douceur
Dont il prive les Hommes par peur,
Pour les réserver à notre relation interlope.

Car pour les normes officieusement officielles,
Il faut aimer son prochain, aimer les humains
Même s'ils ne sont que rapports sans lendemain
Tristes produits de leur époque, règne de l'artificiel.

Égalité entre les sexes, mort de la famille nucléaire,
Je sais très bien que l'autre côté de ma téléfenêtre
Regorge de destins semblables à ceux de mon maître
Dont le bien-être couperait la langue de toute ces vipères.

Et moi je suis bien là, blotti contre son bras
Pendant qu'il lit des livres ou écrit des poèmes
On est bien tous les deux, à l'abri des problèmes
Et des jugements stupides et maussades de l'agora.

Ils n'acceptent pas la simplicité du bonheur animal
Mais gardent des comportements de meute agressive
Ignorant les conséquences de son attitude excessive
Et condamnant tout membre désigné comme anormal.

Mon papa a l'air de se foutre du quand dira-t-on :
Il sourit tout le temps et s'amuse de mes poses.
Dehors, ils transformeraient ses joies en névroses,
Alors que dedans, rien ne vaut mes tendres ronrons.

vendredi 22 décembre 2017

Réflexions tardives de bon heur


La langue française est souvent injuste pour les femmes :
un travailleur>une travailleuse (une pute)
un gars>une garce
Pourtant, on dit bien :
un pervers narcissique>une ?
un connard>une connasse, personnage hautement comique interprété par Camille Cottin.


La France c'est le pays où un escroc fait 20 % à une élection présidentielle, où un député ayant failli tuer un homme à coups de casque de scooter...reste député et où le Premier ministre prend un vol Tokyo-Paris à 350 000 euros aux frais du contribuable sans raison valable et ne comprend pas que cela puisse choquer. Toutefois, les passions se déchaînent lorsque Sa Majesté ose accepter un coup de fil de la part d'un animateur de divertissement à l'occasion de son quarantième anniversaire.


L'animal de compagnie est la garantie d'un bien-être permanent et même croissant. Quand les humains sont perfides, le chat ou le chien se contente de croquettes et de tendresse pour être comblé. Or voir un être si heureux et reconnaissant envers vous effacerait presque votre besoin naturel d'intégration dans la communauté humaine. 


Le maquillage est un immense privilège accordé aux femmes : celui de porter le masque du présentable qui pousse à adopter un comportement social et sociable. Il fonctionne donc sur le même principe que le tailleur/costume, à la différence que la femme a l'avantage de pouvoir porter les deux !


Les enfants ne sont pas toujours insupportables : ils sont souvent une source de réflexion pour qui sait les observer et écouter. Ils sont les seuls à poser les questions importantes oubliées des adultes et à se créer un monde imaginaire fascinant. Par ailleurs, leurs interrogations expriment déjà un conditionnement de la part des adultes de leur entourage et montrent alors à quel point la société façonne les esprits dès le plus jeune âge. Ex : "Pourquoi t'as pas de mari ?"


Une soirée passée à rire avec des gens drôles et tout simplement agréables constitue l'une des plus grandes joies qu'une vie humaine peut offrir. Elle fait instantanément oublier les déboires sanitaires, financiers et professionnels du médiocre quotidien, paradoxalement grâce à sa simplicité et sa banalité.


Noel a au moins le mérite de forcer les gens à avoir l'"esprit de famille" et à apprécier une période de l'année quasi entièrement privée de la lumière du jour.


L'émission "Les Grandes Gueules" est un bijou de l'audio-visuel français.


Écouter Brothers in Arms de Dire Straits dans des écouteurs pendant une ballade champêtre est une délicieuse expérience fortement recommandée par le Ministère de la Santé.

Les grognasses qui mettent bas ont enfin trouvé une raison de vivre et accessoirement de ne plus faire chier leur monde. En théorie.

mercredi 20 décembre 2017

Ablation de l'individualité par une majorité écrasante de sombres crétins

Dans ma grande mansuétude, j'ai accordé une soirée à des gens connus et des inconnus. Qu'ai-je récolté ? Des moqueries foncièrement mauvaises et hors de propos sur les Français. Car à l'étranger encore plus que dans votre Vaterland, la plupart des êtres humains gomment votre individualité et quelles que soient vos caractéristiques - physiques, de parcours, de personnalité et même professionnelles - celles-ci seront ignorées pour in fine vous réduire à votre nouvelle essence : votre nationalité. Le sophisme est total : on ne part pas de l'expérience pour conclure des idées relatives aux Français, mais on part de toute réaction ou de tout comportement que vous pouvez avoir, aussi insignifiants soient-ils, pour en déduire que c'est typiquement Français. À noter que bien souvent, on va prendre tel acte ou parole comme un prétexte pour plaquer grossièrement ses préjugés. Les Français sont snobs, les Français aiment la bonne chair, les Français sont arrogants. À partir de là, tout comportement de l'individu français à l'étranger sera mis dans la case formée par tel ou tel préjugé pour peu que son acte s'y apparente de près ou de loin. Inutile de dire que le principe fonctionne pour toutes les nationalités et origines, mon cas étant représentatif de ce que vivent les "déracinés", peu importe d'où ils viennent.

Il en résulte à long terme une frustration immense qui se transforme en chagrin et même en pure misanthropie. Le ressentiment engendre isolement et un cercle vicieux se déclenche. Plus je m'isole, moins j'ai l'habitude des remarques des autres. Moins j'ai l'habitude des remarques des autres, plus elles me blessent. Plus elles me blessent, plus je m'isole. On peut bien se dire que les auteurs des remarques désobligeantes ne sont que des beaufs tout simplement peu habitués à fréquenter autre chose que des Teutons aussi débiles qu'eux, et c'est objectivement vrai. Pourtant, le mal, à double tranchant, est fait.
Premier effet kiss cool, les moqueries récurrentes envers votre nationalité de la part d'un peuple au milieu duquel vous vivez a une et une seule signification : tu n'es pas des nôtres. Quand on vit depuis bientôt sept années dans un pays, c'est tout simplement cruel, d'autant plus que pendant les rares visites au sein de la patrie, on vous rappelle que vous ne faîtes plus partie de la communauté nationale. Comprenez : en Allemagne, je suis la Française et en France, je suis l'Allemande.
Deuxième effet kiss cool, ramener en permanence un individu à un tout comme sa nationalité revient à nier son individualité. Or, nier l'individu n'est-il pas nier son humanité même ? Paradoxalement, puisque l'humanité est un tout. Ceci étant dit, elle se définit comme un tout, somme d'individus. Or si je suis la Française, et donc les Français, je ne suis plus Ed. Je n'existe plus. Je suis un peuple tout entier, plus exactement l'idée d'un peuple. Je ne suis donc plus un être individuel incarné, résultat certes d'une histoire et d'un pays, mais aussi d'un parcours personnel. Je suis réduite à un concept, à une abstraction donc. Preuve sans appel de la négation de mon être concret devant l'abstraction : lorsque je prie ces crétins d'arrêter leurs blagues, ma volonté est ignorée. Évidemment, puisque je ne suis pas. La volonté d'un homme n'est que l'expression de son individualité et de son humanité. Or on m'a dépouillé de la mienne.

Molecule Man, Berlin ou les Autres réunis
Élargissement de la réflexion : le problème se pose de manière criante lorsqu'on vit à l'étranger, mais  chaque être humain fait cette expérience dans son propre pays. Lors de mes jeunes années en France, j'ai presque toujours été "la blonde" et bien d'autres concepts encore, mais autant s'arrêter là pour ne pas tomber dans le pathos. Ma réalité est cruelle, malheureusement elle est insignifiante rapportée à ce que peuvent subir des gens bien moins favorisés par la loterie de la naissance.

Je retourne dans ma grotte.

À bon entendeur...



NB : Cet article fait écho, même si le thème central est autre, à la réflexion sur l'individualité face à la société développée ici.

mardi 19 décembre 2017

Du danger intellectuel et social de la femme amoureuse

Museum Of Sex, New York City

Tu te crois supérieure parce qu’un pauv’ mec s’intéresse à toi
Parce que l’amour qu’il te porte te transporte loin de nos sphères
De drôle et libre, tu es devenue un irrésistible somnifère
À prendre par gorgées de monologues « et moi, et moi et moi »

Soirées, beuveries, danse et rires appartiennent au passé
Weekends en famille et petits déjeuners rythment ta nouvelle vie
Les célibataires il te faut tout à coup rabaisser
Car seul l’idéal du couple mérite d’être poursuivi

L’art ou autres merveilles du monde n’ont aucun intérêt
Les discussions entre amis doivent subir tes scènes de ménage
Et malheureusement aucun membre de ton entourage
N’a osé te qualifier au pire d’hystérique et au mieux de tarée

Alors tu continues à pourrir ces humains trop patients
De robe de mariée en crises de jalousie intempestives
Les gentils amis encaissent et jamais ne t’esquivent
Tandis que je sens mes nerfs de plus en plus déficients

Tu as beau inonder les réseaux sociaux de tes selfies
Déclarations enflammées et autres mantras ridicules
Je sais bien que ton bonheur est minuscule
Et que vos conversations ne sont que dégueulis

Intellectuellement usée par cette bonne femme
J’ai bien dû m’éloigner de sa diarrhée verbale
Pour me protéger de sa connerie virale
À défaut de n'avoir pu jamais raisonner Madame

vendredi 15 décembre 2017

I had a dream


Déclaration au bord de la Spree, Berlin

Cette nuit j'ai rêvé que j'étais amoureux
Je suis troublé, ça faisait tellement longtemps
Que mes songes ne m’avaient pas rendu heureux
Et transporté dans la beauté de l’inconscient.

Elle avait des traits si fins et des yeux si clairs
Qu’ils ont effacé le noir de mes cauchemars
Pour colorer de bleu mes souvenirs amers
Et promettre à mes journées un nouvel espoir.

Moi qui vivais tel un robot, sans émotions,
Menais une vie d’intellect depuis ma tour,
Il a suffi d’une étincelle de questions
Pour un beau jour allumer les feux de l’amour !

Je n’ai eu d’autre choix que de tisser des vers
Pour capturer la douceur de cette fille,
Et pourtant déjà ma mémoire sévère
Laisse s’échapper l’onirique brindille.

Alors peu à peu son image s’efface,
Emporte avec elle l’envie d’avoir envie,
Mon oubli de vivre redevient tenace,
Mais de cet intermède j’ai été ravi.