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vendredi 22 décembre 2017

Réflexions tardives de bon heur


La langue française est souvent injuste pour les femmes :
un travailleur>une travailleuse (une pute)
un gars>une garce
Pourtant, on dit bien :
un pervers narcissique>une ?
un connard>une connasse, personnage hautement comique interprété par Camille Cottin.


La France c'est le pays où un escroc fait 20 % à une élection présidentielle, où un député ayant failli tuer un homme à coups de casque de scooter...reste député et où le Premier ministre prend un vol Tokyo-Paris à 350 000 euros aux frais du contribuable sans raison valable et ne comprend pas que cela puisse choquer. Toutefois, les passions se déchaînent lorsque Sa Majesté ose accepter un coup de fil de la part d'un animateur de divertissement à l'occasion de son quarantième anniversaire.


L'animal de compagnie est la garantie d'un bien-être permanent et même croissant. Quand les humains sont perfides, le chat ou le chien se contente de croquettes et de tendresse pour être comblé. Or voir un être si heureux et reconnaissant envers vous effacerait presque votre besoin naturel d'intégration dans la communauté humaine. 


Le maquillage est un immense privilège accordé aux femmes : celui de porter le masque du présentable qui pousse à adopter un comportement social et sociable. Il fonctionne donc sur le même principe que le tailleur/costume, à la différence que la femme a l'avantage de pouvoir porter les deux !


Les enfants ne sont pas toujours insupportables : ils sont souvent une source de réflexion pour qui sait les observer et écouter. Ils sont les seuls à poser les questions importantes oubliées des adultes et à se créer un monde imaginaire fascinant. Par ailleurs, leurs interrogations expriment déjà un conditionnement de la part des adultes de leur entourage et montrent alors à quel point la société façonne les esprits dès le plus jeune âge. Ex : "Pourquoi t'as pas de mari ?"


Une soirée passée à rire avec des gens drôles et tout simplement agréables constitue l'une des plus grandes joies qu'une vie humaine peut offrir. Elle fait instantanément oublier les déboires sanitaires, financiers et professionnels du médiocre quotidien, paradoxalement grâce à sa simplicité et sa banalité.


Noel a au moins le mérite de forcer les gens à avoir l'"esprit de famille" et à apprécier une période de l'année quasi entièrement privée de la lumière du jour.


L'émission "Les Grandes Gueules" est un bijou de l'audio-visuel français.


Écouter Brothers in Arms de Dire Straits dans des écouteurs pendant une ballade champêtre est une délicieuse expérience fortement recommandée par le Ministère de la Santé.

Les grognasses qui mettent bas ont enfin trouvé une raison de vivre et accessoirement de ne plus faire chier leur monde. En théorie.

mercredi 1 novembre 2017

L'imprudence des bavardes


Claire porte vraiment bien son prénom. C’est une fille sans mystère : elle parle comme un livre, ou plutôt comme un « Marie-Claire » ou un « Elle » ouvert. Aucune profondeur, aucune zone d’ombre, une première discussion avec cette quadra mondaine vous suffit pour connaître son cycle menstruel, ses habitudes alimentaires, sa vie sexuelle, sa journée type, son enfance, ses problèmes de peau et même ses chanteurs préférés. Mère de deux enfants aussi parfaits à ses yeux qu’insupportables à ceux du monde, ils sont inéluctablement son sujet de prédilection. Tous ses interlocuteurs se retrouvent prisonniers du récit de leurs activités sportives, résultats scolaires, lubies, fréquentations et exploits purement subjectifs en tout genre. Secrétaire de profession, elle surprend n’importe quel observateur, même inattentif, par son fourvoiement évident : au lieu d’un tel poste réclamant un minimum de discrétion, concierge est sa véritable vocation. Elle l’ignore.
Tout comme elle ignore les nombreuses conquêtes de son mari. Une à la fois seulement, mais depuis tant d’années. Monsieur a des responsabilités. Directeur des achats pour une marque de maroquinerie de luxe, il se retrouve souvent aux quatre coins du monde pour négocier de gros contrats, et tandis que la parole de sa femme n’a aucune valeur intellectuelle ni marchande, la sienne pèse des millions de dollars. Pour éclairer les tristes nuits de solitude de José Schwartz passées à l’hôtel après de longues journées de visites et séminaires, sa boîte lui propose toujours les services d’une escort. Chose que le séduisant quadra refuse systématiquement. D’une part, il savoure toute soirée passée loin du dégueulis oral quotidien de sa chère et tendre. D’autre part, sa maîtresse Jolène vaut toutes les prostituées du monde car non seulement elle est gratuite, mais surtout elle se tait.
Au siège de la société, tout le monde sait que Claire est cocue. Tout le monde l’écoute attentivement raconter sa vie si captivante pour se fournir en matière à plaisanterie dès que Madame a le dos tourné. N’importe quelle femme aurait en temps normal pressé le bouton de la solidarité féminine pour lui révéler les déviances de son mari, mais Claire fait preuve de tellement de nombrilisme lors de ses interminables monologues qu’elle n’inspire aucune compassion. La seule pensée que sa situation évoque dans l’esprit de tous, hommes et femmes confondus, se résume en un sincère « Bien fait pour sa gueule ».
Inutile de dire qu’elle n’a pas toujours été ainsi. Une secrétaire sans diplôme n’aurait eu aucune chance de rentrer dans un grand groupe, et encore moins de sortir avec le jeune cadre dynamique qu’était José il y a quinze ans, si elle n’avait montré aucun autre intérêt pour quoi que ce soit d’autre que sa personne et passé son temps à cancaner. Non. En plus de son anglais impeccable qu’elle doit uniquement à son papa originaire du Sussex, elle était à l’époque très jolie, plutôt silencieuse et à la limite de la nymphomanie.
Malheureusement rien ne dure, et même si sa beauté lui a laissée de beaux restes, la maternité l’a transformée. Son obsession pour le sexe s’est reportée sur sa descendance dès le premier enfant. Reine du narcissisme au royaume des très jolies princesses capricieuses, son intérêt pour les plaisirs de la chair lui a jadis permis de se faire remarquer par un honnête homme. Mais à la première progéniture née, le masque est tombé et l’égoïsme absolu s’est matérialisé en un petit être, prolongation du sien. Le monde extérieur s’efface alors, seuls les mini-moi comptent aux yeux du moi d’origine. Et vice-versa, car de jeune secrétaire sexy génératrice de fantasmes, Claire a sauté à pieds joints dans le piège tendu à toutes les femmes imbues de leur personne qui se mettent à enfanter.

Elle n’a rien vu venir et ne voit toujours rien. Ses bavardages ont eu raison d’elle, de son couple et de ses relations sociales. Jeunes narcisses des temps modernes, prenez-garde à votre langue, tenez-là ; pour les autres, et surtout pour vous.