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jeudi 21 mai 2026

Tes canines dans ma narine

Un dimanche après-midi de mars à Hambourg

C’est décidé, je passe à l’action

Et m’en vais chez une éleveuse pour l’adoption

Le coup de foudre me terrasse en ce beau jour


Lorsque je prends dans mes bras l’un des deux babynous

Mon cœur explose : c’est lui, l’amour inconditionnel

Qu’éprouvent les parents pour leur produit charnel

À partir de maintenant, c’est le monde versus nous.


Pitchoune et Poupette, deux prénoms bien cul-culs

Pour une Frauchen qui n’a pas envie de tricher

Elle est gaga, alors pourquoi s’en cacher

Elle fend l’armure, s’avoue vaincue


Face aux deux chattounes, ces anges

Tombés du ciel sans ailes

Car sans elles

La vie vous mange


Elle vous dévore, avec son lot d’humains

Bas, traîtres et lâches sans états d’âme

Tous bien prompts à juger la dame

Quittant le jeu de vilains et de mains


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Pitch, c’est l’opposé de Poup

Elles sont le yin et le yang

Même portée, même gang

Deux reines de l’entourloupe


Qui ont fugué, chacune à sa façon

Poup un matin par les échafaudages

Avant de revenir la nuit dans les parages

Pommes de pain collées aux poils de l’apprentie maçon


Des années plus tard, Pitch voit les choses en grand

La maîtresse rentre ses courses de daronne

Et la boule de poils file entre les pattes de la patronne

Qui une longue heure plus tard sera mise au courant


Trop concentrée devant l’ordi pour faire rentrer l’oseille

Frauchen n’a rien vu, même chose pour la soeurette

De retour à la maisonnée, la fugueuse mange ses croquettes

Une blessure au-dessus de la bouche me met la puce à l’oreille


Je crie d’effroi : l’amour de ma vie a cassé ses canines

Elle ne me dira jamais ce qui s’est passé juste avant

Et nos nombreux câlins auront moins de mordant

Sa langue râpeuse sur mon visage, mais sans canines dans ma narine.

samedi 15 juin 2024

Le large


Ce soir-là, une énième dispute,

Un quasi-monologue de rage

Où je ne cesse d’invectiver « la pute ».

J’explose tel un lion en cage

 

Juste avant d’en briser les barreaux.

Des semaines de haine et de colère,

Je sentais bien que c’était trop.

Alors j’ai fini par me taire.

 

Bloqué. Enfin l’orage se termine.

Bien venues, tristesse et mélancolie.

La boule au ventre me mine

Les larmes roulent sur mon lit.

 

Au milieu d’une crise de pleurs,

J’apprends la disparition d’un ange,

D’une icône, des Stones à Blur,

Des yéyé aux planètes ; adieu la frange.

 

Mais l’âme la plus pure de la chanson,

Elle, est toujours vivante,

Accompagne ma douleur avec des sons

Et des paroles d’une douceur aimante.

 

Car elle était une grande amoureuse.

Pas comme moi, pas comme nous.

Nous sommes des tueuses :

Jetons les boulets, priorité aux babynous.

 


Je clame mon droit à la tranquillité

Au repos du corps et de l’esprit.

Que mon être, malgré l’actualité,

Puisse un jour s’apaiser car desépris.

 

Mon deuil s’installe sur les mélodies

Sublimes d’une femme de caractère,

Sur les paroles de la belle Françoise Hardy,

Voix de velours au tempérament de fer.

 

L’élégance salie par le chaos :

Une figure de la discrétion

Part sous le vomi quotidien des fachos

De tous bords excités par la dissolution.

 

Elle souhaitait une loi sur la fin de vie,

Que la France, enfin, s’en charge.

Mais rien ne sera poursuivi

Avant que la reine ne prenne le large.


mercredi 18 juillet 2018

Rien à foot


Ai-je le droit ou ne l’ai-je pas ?
Les Bleus Blacks Blacks Blancs ont gagné,
Mais jamais la masse dans le sens tricolore je n'ai peigné.
Ai-je le droit ou dois-je comme elle crier avec les bras ?

Si la culture est au centre de ma douce vie,
Les festivals et lectures au soleil rythment mon été,
Et ignorent naturellement l’enthousiasme cocardier,
Ai-je le droit de ne céder qu’à mes envies ?

La nation a gagné et je suis heureuse pour vous tous.
Exultez jusqu’à la prochaine grève !
Jouissez fort de votre belle trêve !
Car toujours la paix s’émousse.

Chômage, injustice et violence reviendront.
La victoire n’est-elle pas déjà entachée ?
Locaux saccagés et femmes agressées
Portent les stigmates du patriotisme viril et con.

Non je ne suis pas fière d’être Française
Mon amour pour mon pays est si évident
Qu’une déclaration le rendrait moins puissant
Les vrais sentimentaux, eux, se taisent.


lundi 26 mars 2018

Belle âme, tragique trame












Belle âme, tragique trame
Arnaud héros national
Selon sa mère né pour défendre sa patrie
Selon sa patrie mort pour avoir délivré du mal
Catholique tardif, le moderne Jésus Christ

Belle âme, tragique trame
Redonne peut-être foi en l’humanité
Sacrifiée, égorgée comme le cou du colonel
Elle ne peut mettre de côté
Tous ces monstres de l’islam devant l’éternel

Belle âme, tragique trame
On les connaît, on les fiche, on les écoute
Et l’histoire sans fin recommence
Arrive ce que tous redoutent
Un nouveau massacre, une évitable violence.


Hypnotisés par nos écrans, émus aux larmes
Devant le sauveur et ses yeux bleus
Une pensée pour la marche contre les armes
Une nation qui sur ses écoles ouvre le feu

L’argent est roi, les vies ne sont rien
Ça jure sur la Bible, ça cause morale
Mais pendant les discours du mal et du bien
Crèvent les jeunes du premier gendarme mondial

mercredi 14 mars 2018

Pense à elle


















Pense à ce regain tout l’hiver,
Lui qui te semble sans fin.
Pense au vert,
À la nature telle un couffin.
Elle reviendra pour t’y bercer :
Et au bout du tunnel obscur et froid
Une lumière commencera à percer
Et la vie se dorera si le soleil se fait roi.

Souviens-toi de la première journée de printemps.
Le nouveau soleil réchauffe les cœurs,
Adieu celui qui glaçait les corps combattant,
Lui, console de l’hiver en douceur.

Souviens-toi de la première journée de printemps.
Les sourires envahissent les rues,
Éclairent des visages encore blancs,
Les gaietés sont revenues.

Souviens-toi de la première journée de printemps.
Les hommes perdent leurs feuilles,
Les arbres retrouvent leurs vêtements,
Les uns au chant des cigales, les autres à la course des écureuils.

Souviens-toi de la première journée de printemps.
Tu crois tomber amoureux d’une femme,
Mais l’aurais-tu seulement remarquée l’hiver durant,
Quand la saison triste endolorissait tous les charmes ?

Souviens-toi de la première journée de printemps.
Elle clôt la saison morbide,
Son astre brille tendrement
Avant que sa chaleur ne se fasse torride.

Souviens-toi de la première journée de printemps.
La passion estivale se laisse à peine entrevoir
Rien ne t’écrase en cet instant,
Alors souviens-toi de cette légèreté de l’espoir.

samedi 10 mars 2018

Si aujourd’hui j’ai envie de te parler de Paris



Si aujourd’hui j’ai envie de te parler de Paris,
Rapproche-toi et ne me regarde surtout pas.
La Province la considère avec méfiance et envie
Car au rythme de ses fourmis qui marchent au pas
Bat une ville et ses alentours, pouls de tout un pays.
Les régions ont leur caractère et Paris est un appât
Pour que morde le Provincial qui réussit.
Des illusions perdues le poussent vers le trépas
Et s’il reste, de cynisme son avidité grandit.
Sa tête est grosse, son âme est mince, mais il ne le voit pas.
Il est à Paris et ici, tous les cœurs sont gris.

Si aujourd’hui j’ai envie de te parler de Paris,
Viens près de moi et songe comme j’en suis parti.
On y rentre en pensant que tout est à prendre,
Mais elle vous avale en sachant que tout est à vendre.
L’argent s’infiltre dans les moindres recoins de l’esprit,
Les pieds écrasent en silence la misère dans son cri.
Alors si tu résistes aux inhumains méandres
D’une capitale qui vole l’équilibre sans le rendre,
Quitte-la avant qu’elle ne fasse de toi un citadin aigri !
J’ai quitté Paris car là-bas, les Hommes sont des rats qui jamais ne sourient.



dimanche 28 janvier 2018

Roh la barbe !


La barbe du hipster, la barbe du feignant, la barbe du salafiste

Le salafiste se cache dans sa barbe pour se montrer islamiste

L’islamiste se montre sans barbe pour cacher qu’il est terroriste

Le terroriste se plonge dans la taqîya pour couler le capitaliste

Le capitaliste se radicalise pour détruire le djihadiste

Le djihadiste se ramène pour narguer le droits-de-l'hommiste

Le droits-de-l'hommiste se vante pour jouer à l’humaniste

L’humaniste se plante pour emprisonner l’intégriste

L’intégriste se pavane pour marabouter le récidiviste

Le récidiviste se rase pour cacher qu’il est terroriste

Le terroriste se ceinture pour buter le capitaliste

Le capitaliste se meurt pour avoir écouté l’islamo-gauchiste

Le gauchiste se marmonne dans sa barbe pour se convaincre d’être humaniste

L’humaniste se targue de nous barber pour se croire spécialiste

Le spécialiste se montre pour se persuader spécialiste du terroriste



Le terroriste se marre dans sa barbe pour tuer à nouveau
le hipster, le feignant et même le musulman

Roh la barbe ces bien-pensants !

samedi 13 janvier 2018

Millenial's song
















Non ! Je ne quitterai pas ce lit
Bien sûr, je vais me redresser
Caresser mes sacrés de Birmanie
Et vaguement travailler

Mais quoi ?
Pourquoi courir comme les autres ?
Ma vie n'est pas la votre
Je suis le seul maître de mon toit !

Je me lèverai pour l'élémentaire
Les joyeuses tâches ménagères
Et me recoucherai aussitôt
Pour me perdre dans des vidéos

Mais quoi ?
Pourquoi franchir le pas de la porte
Voir ma vieille voisine en culotte T-shirt
Et rentrer pétri d'effroi ?

Je ne devrais pas m'infliger tant d'horreur
Le monde est trop cruel
Il exige une retraite perpétuelle
Ou le temps que ce souvenir se meurt

Mais quoi ?
Pourquoi faire semblant d'"avoir une vie"
Et risquer à nouveau d'être trahi ?
La société ne me dictera pas sa loi !

Mon confort vaut bien la dictature du paraître
Non, je ne ferai pas semblant d'être heureux
Sur Facebook, Insta et autres réseaux creux
Pas la peine, car je le suis de tout mon être.


dimanche 24 décembre 2017

La pureté du bien-être animal


Cachez ce monde que je ne saurais voir !
J'aime le sommeil, la tendresse et les croquettes.
Dans mon territoire le bipède a fait la conquête
De mon instinct sauvage pour me faire entrevoir

L'amour inconditionnel d'un être misanthrope
Prêt à m'offrir l'infinie douceur
Dont il prive les Hommes par peur,
Pour les réserver à notre relation interlope.

Car pour les normes officieusement officielles,
Il faut aimer son prochain, aimer les humains
Même s'ils ne sont que rapports sans lendemain
Tristes produits de leur époque, règne de l'artificiel.

Égalité entre les sexes, mort de la famille nucléaire,
Je sais très bien que l'autre côté de ma téléfenêtre
Regorge de destins semblables à ceux de mon maître
Dont le bien-être couperait la langue de toute ces vipères.

Et moi je suis bien là, blotti contre son bras
Pendant qu'il lit des livres ou écrit des poèmes
On est bien tous les deux, à l'abri des problèmes
Et des jugements stupides et maussades de l'agora.

Ils n'acceptent pas la simplicité du bonheur animal
Mais gardent des comportements de meute agressive
Ignorant les conséquences de son attitude excessive
Et condamnant tout membre désigné comme anormal.

Mon papa a l'air de se foutre du quand dira-t-on :
Il sourit tout le temps et s'amuse de mes poses.
Dehors, ils transformeraient ses joies en névroses,
Alors que dedans, rien ne vaut mes tendres ronrons.

mardi 19 décembre 2017

Du danger intellectuel et social de la femme amoureuse

Museum Of Sex, New York City

Tu te crois supérieure parce qu’un pauv’ mec s’intéresse à toi
Parce que l’amour qu’il te porte te transporte loin de nos sphères
De drôle et libre, tu es devenue un irrésistible somnifère
À prendre par gorgées de monologues « et moi, et moi et moi »

Soirées, beuveries, danse et rires appartiennent au passé
Weekends en famille et petits déjeuners rythment ta nouvelle vie
Les célibataires il te faut tout à coup rabaisser
Car seul l’idéal du couple mérite d’être poursuivi

L’art ou autres merveilles du monde n’ont aucun intérêt
Les discussions entre amis doivent subir tes scènes de ménage
Et malheureusement aucun membre de ton entourage
N’a osé te qualifier au pire d’hystérique et au mieux de tarée

Alors tu continues à pourrir ces humains trop patients
De robe de mariée en crises de jalousie intempestives
Les gentils amis encaissent et jamais ne t’esquivent
Tandis que je sens mes nerfs de plus en plus déficients

Tu as beau inonder les réseaux sociaux de tes selfies
Déclarations enflammées et autres mantras ridicules
Je sais bien que ton bonheur est minuscule
Et que vos conversations ne sont que dégueulis

Intellectuellement usée par cette bonne femme
J’ai bien dû m’éloigner de sa diarrhée verbale
Pour me protéger de sa connerie virale
À défaut de n'avoir pu jamais raisonner Madame

vendredi 15 décembre 2017

I had a dream


Déclaration au bord de la Spree, Berlin

Cette nuit j'ai rêvé que j'étais amoureux
Je suis troublé, ça faisait tellement longtemps
Que mes songes ne m’avaient pas rendu heureux
Et transporté dans la beauté de l’inconscient.

Elle avait des traits si fins et des yeux si clairs
Qu’ils ont effacé le noir de mes cauchemars
Pour colorer de bleu mes souvenirs amers
Et promettre à mes journées un nouvel espoir.

Moi qui vivais tel un robot, sans émotions,
Menais une vie d’intellect depuis ma tour,
Il a suffi d’une étincelle de questions
Pour un beau jour allumer les feux de l’amour !

Je n’ai eu d’autre choix que de tisser des vers
Pour capturer la douceur de cette fille,
Et pourtant déjà ma mémoire sévère
Laisse s’échapper l’onirique brindille.

Alors peu à peu son image s’efface,
Emporte avec elle l’envie d’avoir envie,
Mon oubli de vivre redevient tenace,
Mais de cet intermède j’ai été ravi.