mardi 26 mars 2019

J'ai refait le Viêt Nam



Suite et fin de ma découverte du pays du dragon, nous voici au cœur de la Cochinchine, après la découverte du Tonkin il y a tout juste deux ans. Passons donc sur l’explication de l’abus de langage du titre, ce qui est dit n’est plus à dire.

Ce fût un véritable périple pour atteindre la Saigon infernale car depuis le minuscule aéroport de la deuxième ville d’Allemagne, aucun vol direct vers l'Asie n'est proposé. Il a donc fallu deux escales, en l'occurrence à Bruxelles, puis à Hong Kong. 


Plus de dix heures dans un aéroport glacial. Très beau et aéré, mais glacial. De nombreux espaces de travail avec un excellent Wi-Fi, mais dans un hall glacial, avec en guise de compensation toutefois une nourriture qui vous brûle le palais.


Atterrissage à Hô-Chi-Minh-Ville, les démarches classiques : quelques centaines de milliers de dongs au distributeur, la petite carte Viettel qui va bien, la chaleur écrasante de bienvenue au moment de mettre le nez dehors, et surtout le bus jaune qui pour la modique somme de 20.000 VND vous dépose en trente minutes à peine au cœur du quartier routard - descendez au dernier arrêt, c'est le terminal de bus.


La soirée déjà bien entamée, les premières frayeurs en traversant la route - ceux qui connaissent le Vietnam et l'Asie du Sud-Est en général comprendront parfaitement - agissant comme des piqûres de rappel, commençons par une bonne bière de la marque "Saigon", puis le désormais traditionnel jus de coco pour célébrer mon arrivée sur le sol vietnamien. Le bœuf est dégueulasse,




mais la nourriture locale ne me décevra pas.

Le lendemain, on attaque les bases d'une visite touristique de Saigon, en sautant toutefois d'un commun accord le célèbre - et sans doute excellent - Musée des vestiges de la guerre. Nous préférons à ces horreurs les vestiges architecturaux de la colonisation française.


Cathédrale Notre-Dame de Saigon

Poste centrale de Saigon

Intérieur avec notre bon vieux Hô

Ancien hôtel de ville avant d'abriter le Comité populaire
(à noter le beffroi central qui rappelle le nord de la France)


Sans oublier le célèbre ancien palais de l'indépendance, résidence des présidents du Sud Viêt Nam jusqu'à la chute de Saigon en 1975. Il devient alors un site historique rebaptisé


Palais de la réunification.


Attention. Nous passons maintenant aux choses sérieuses. S'il ne fallait retenir qu'un nom de ce compte-rendu de voyage, ce serait "Secret Garden", un restaurant bien caché sur la terrasse d'un immeuble d'habitation tout ce qu'il y a de plus normal.

La clientèle est aussi bien locale que touristique et la nourriture est une tuerie.


Les jus et smoothies sont à la hauteur des plats

Mention spéciale pour les beignets de porc (g.)
et les pousses de je ne sais plus quoi (d.)


Avec en prime une vue imprenable sur les gratte-ciel,
y compris sur la tour Bitexco (ne la cherchez pas sur ce cliché !)

Et puis il y a ces petites surprises d'Hô-Chi-Minh-Ville by night, comme

une cage d'escalier très élégante,

le "Cafe Apartment", célèbre immeuble-boutique
 avec ses irrésistibles petits cafés, bars et restaurants,

sa vue imprenable sur la rue piétonne Nguyen Hue,

ou encore l'occidentalisation pour la bonne cause du consumérisme
(seulement 9% de la population est chrétienne),

un beau bébé tigre au graphisme "manga",

et pour finir en beauté : le premier margouillat de mon séjour.

Connu pour être l'emblème de la Réunion, il est partout au Viêt Nam. Ce petit animal ne se contente pas d'avoir un cri rigolo et d'être mignon comme tout, puisqu'il sait adapter sa couleur à son environnement et bouffe les moustiques !
Sans exagérer, il m'a accompagnée pendant mon séjour au nord du pays, je l'avais totalement oublié entre-temps, l'ai retrouvé ce soir-là avec émotion et savais pendant mes derniers jours à Hô-Chi-Minh-Ville qu'il allait me manquer. Tous les voyageurs amoureux d'un pays - surtout si la destination est lointaine - savent que l'on s'attache grâce à ce genre de détails, insignifiants en apparence. Mais le margouillat symbolise le climat de cette région du monde, et donc l'exotisme pour une voyageuse européenne.

Alors que la soirée est déjà bien entamée - la nuit tombe vers 16 h à cette époque de l'année - et que la jeunesse de Saigon exulte sur ses scooters, je me rends compte de l'énorme différence entre la capitale économique du pays et la capitale politique visitée deux ans auparavant. La circulation est effrayante dans les deux. Je n'ai pas encore à ce stade identifié ce qui distinguait les Vietnamiens du nord de leurs compatriotes du sud. Certes, il manque le lac Lac Hoan Kiem, mais le choc est beaucoup plus basique que cela : les bagnoles ! Elles étaient quasi inexistantes à Hanoi et les voilà assez présentes à Hô-Chi-Minh-Ville. Les jours suivants, nous constaterons que le nord est bien loin avec ses cochons et buffle (!!) transportés en scooter. Mais la distance est-elle simplement géographique ou temporelle ? Et oui, la question se pose en Asie. Car si vous visitez un pays européen à deux ans d'intervalle, vous constaterez bien peu de changements. Or ici la croissance est à deux chiffres et même si le sud a la réputation d'être moins authentique que le nord, j'ai par exemple été frappée par l'absence de vendeuses de rue portant sur leurs épaules la fameuse palanche de bambou, comme on en voit tant à Hanoi. Mais pour des raisons pratiques évidentes, le chapeau conique, autre symbole du pays, est resté. Ouf ! Nous sommes bien au Viêt Nam.


Mais quittons tout ce vacarme pour un peu de calme. Direction le delta du Mékong
Café très sympathique, havre de paix
- nom malheureusement oublié

Le voilà : le grand, le mythique, l'inoubliable

Le célèbre marché flottant de Cai Ba

La faune locale

"Délirant à bord du sampan" (Nicola Sirkis)

La bouffe, encore la bouffe. Fruits succulents à droite.

Le Mékong en fin de journée

Éreintés par ce long voyage de quelques dizaines de kilomètres - et oui, pas d'Autobahn au Viêt Nam - nous arrivons à cet endroit qui reste de loin mon meilleur souvenir de ce voyage : la Mekong Lodge. Cet éco-hôtel situé sur une île n'est accessible que par bateau. Ici, tout n'est que calme, luxe et volupté. Les oiseaux et autres cris d'animaux nocturnes ne troublent pas le sommeil dans un superbe bungalow, il l’accompagne. Cet endroit est le paradis sur terre.


Lever de soleil depuis la salle à manger

Malheureusement, nous n'y avons fait que dormir, dîner, petit-déjeuner, et partir. Car un programme assez chargé nous attendait pour continuer la découverte de la région.


Les fameux poussins peints par les paysans
pour marquer leur appartenance

Entrée de Xeo Quit, ancienne base du Viêt Cong

Vue depuis le marais - ancien abri souterrain
d'un secrétaire général du comité central

2e tuerie gustative du séjour. Que Phat à Mỹ Long

Les préférences dans les domaines gastronomique et hôtelier ayant été établies, passons aux visites. Et bien une fois l'émotion retombée à la vue du Mékong, le summum de ce voyage était sans hésitation la Forêt des cajeputiers de Tra Su.

Vue depuis le sampan
Le glissement sur l'eau se poursuit, dans le plus grand calme possible
afin de réussir à apercevoir quelques oiseaux.

Vue sur la réserve naturelle. Impossible à rendre ici, mais les groupes d'oiseaux
qui changent de direction étaient visibles au loin.

Coucher de soleil sur les marécages du sanctuaire d'oiseaux

Se réveiller à Chau Doc, ouvrir les rideaux et voir
des apprentis moines se marrer dans la pagode adjacente

Petit en-cas dans une ferme piscicole

Kikou !

Et c'est parti pour les 400 marches d'ascension
vers la pagode de Chua Hang sur le mont Siam !

Un effort correctement récompensé

Avec vue sur le Cambodge










Sol en marbre, ambiance sacrée (ou onirique, au choix)

Et oui : une partie du temple se trouve
à l'intérieur d'une grotte

Après cette belle escapade dans le delta du Mékong, le retour à Hô-Chi-Minh-Ville ne peut être morose. Heureusement, nous nous envolons le surlendemain pour l'île de Phu Quoc. On ne va pas se mentir, ce n'est pas le genre de la maison : des vacances sur une île sont foutues si le temps n'est pas au rendez-vous. Or, il a fait gris dans le meilleur des cas et il a plu dans le pire. Aucun regret pour ma part, on ne peut pas gagner à tous les coups. Saigon et le delta du Mékong rattrapent ces cinq jours d'ennui.


Ensoleillement maximum pendant notre séjour...

Et que fait-on des eaux usées ?
Ben on les envoie à la mer pardi !

Heureusement, on ne se lasse pas de la
végétation luxuriante vietnamienne.

Et puis ne soyons pas si négatifs, je ramènerai un magnifique souvenir de Phu Quoc.

Allergie aux moustiques
(même résultat en Europe)

Sur ce, chó Saigon, chó le Vietnam,

un pays qui a du chien !