Un dimanche après-midi de mars à Hambourg
C’est décidé, je passe à l’action
Et m’en vais chez une éleveuse pour l’adoption
Le coup de foudre me terrasse en ce beau jour
Lorsque je prends dans mes bras l’un des deux babynous
Mon cœur explose : c’est lui, l’amour inconditionnel
Qu’éprouvent les parents pour leur produit charnel
À partir de maintenant, c’est le monde versus nous.
Pitchoune et Poupette, deux prénoms bien cul-culs
Pour une Frauchen qui n’a pas envie de tricher
Elle est gaga, alors pourquoi s’en cacher
Elle fend l’armure, s’avoue vaincue
Face aux deux chattounes, ces anges
Tombés du ciel sans ailes
Car sans elles
La vie vous mange
Elle vous dévore, avec son lot d’humains
Bas, traîtres et lâches sans états d’âme
Tous bien prompts à juger la dame
Quittant le jeu de vilains et de mains
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Pitch, c’est l’opposé de Poup
Elles sont le yin et le yang
Même portée, même gang
Deux reines de l’entourloupe
Qui ont fugué, chacune à sa façon
Poup un matin par les échafaudages
Avant de revenir la nuit dans les parages
Pommes de pain collées aux poils de l’apprentie maçon
Des années plus tard, Pitch voit les choses en grand
La maîtresse rentre ses courses de daronne
Et la boule de poils file entre les pattes de la patronne
Qui une longue heure plus tard sera mise au courant
Trop concentrée devant l’ordi pour faire rentrer l’oseille
Frauchen n’a rien vu, même chose pour la soeurette
De retour à la maisonnée, la fugueuse mange ses croquettes
Une blessure au-dessus de la bouche me met la puce à l’oreille
Je crie d’effroi : l’amour de ma vie a cassé ses canines
Elle ne me dira jamais ce qui s’est passé juste avant
Et nos nombreux câlins auront moins de mordant
Sa langue râpeuse sur mon visage, mais sans canines dans ma narine.

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