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jeudi 31 juillet 2025

MAM de Paris

Le Paravent, Toyen, 1966. Sans doute le tableau surréaliste qui m’a le plus intriguée. Aussi attirant que repoussant, il représente l’ambivalence de la position de la femme dans les rapports de séduction : elle est à la fois soumise à la menace masculine – incarnée par les spectres qui l’entourent – et actrice de son propre désir, notamment à travers l’allégorie de la panthère et les gants sensuels. La bouche presque effrayante, ouverte dans un cri mais maquillée de rouge à lèvres, est le motif principal de cette dualité.

Qui dit séjour à Paris, dit musée.


Rue de la Manutention depuis le métro Iéna, avec ce bel angle haussmannien.

Au lendemain pluvieux d’une soirée magique au Lollapalooza Paris 2025, quoi de mieux que la visite du Musée d’Art Moderne de Paris ? Pour la petite histoire, il est situé avenue du Président-Wilson et occupe l’aile est du Palais de Tokyo, tandis que l’aile ouest de ce bâtiment – elle aussi appelée « Palais de Tokyo » par métonymie – est un lieu dédié à la création contemporaine.

Vous suivez ? Non ? Peu importe. Retenez que la collection permanente du MAM contient plus de 400 œuvres et que l’entrée est gratuite.

Ce samedi 19 juillet, j’ai eu la bonne idée d’arriver vers 12h dans un bâtiment quasi désert. Ce n’est qu’en sortant que j’ai aperçu une file d’attente débordant jusqu’à l’extérieur en milieu d’après-midi. Alors oui : allez-y le plus tôt possible ! Comme pour le musée d’Orsay – qui reste à ce jour mon musée parisien favori – voici un retour en images sur mes principales découvertes artistiques. Un moment exquis hors du temps et en solitaire.


Avec ses lignes épurés, ce bâtiment construit en 1937
est caractéristique du style Art déco.


« La France éternelle » de Bourdelle,
au-dessus d’une plaque commémorative
 incluant la croix de Lorraine.


Bas reliefs d’Alfred Janniot.
J’avoue avoir zoomé pour mettre en évidence cette espèce de Hulk
aux jambes reptiliennes écartées.
Dieu que je m’exprime mal, mais regardez au moins de quoi je parle !


Très jolie vue sur la dame de fer depuis l’esplanade.


Sur ce, il est temps de s’égarer à l’intérieur.


Hommage à la génération de ma maman, celle des vrais boomers.
« Sylvie (grosse tête) » de Nina Childress, 2018.


« Maria Ricotti dans « L’Enjôleuse » », Kees Van Dongen, 1921.
Là encore, j’ai été séduite par la grâce du sujet,
une actrice aussi belle que triste, et dont la posture lasse voire souffrante
est soulignée par ces pétales qui tombent de la rose.

« Spider », Louise Bourgeois, 1995.
La seule œuvre de ce musée que je connaissais.
Étant arachnophobe, j’ai du mal à souscrire à l’explication donnée sur place :
« Loin d’incarner une créature menaçante, l’araignée de Bourgeois
apparaît comme une figure protectrice et apaisante. »
J’ai d'ailleurs quitté la salle en un temps record juste après avoir pris cette photo !


« Le buveur assis », Bernard Buffet, 1948.
 Rares sont les peintres hommes qui ont retenu mon attention,
mais le style si distinctif de Bernard Buffet m’a totalement happée.
Je me suis arrêtée dans un long moment de compassion absolue
face à ses personnages tristes et émaciés.


« Nature morte au revolver », Bernard Buffet, 1948.
La suite logique au « buveur assis » ?


« Notre-Dame de Paris », Niki de Saint Phalle, 1962.
Une plasticienne que je ne connaissais que de nom.
C’est glauque et saisissant,
surtout quand on est peu confronté aux travaux de plasticien.nes.
Seule membre féminine des « Nouveaux Réalistes »,
l’artiste se spécialise en quelque sorte dans les « tableaux-tirs »,
résultats de performances lors desquelles Niki de Saint Phalle
tire avec un fusil sur des œuvres recouvertes de peinture blanche.
Voilà pour la présentation.
Quant à la cathédrale, cette réinterprétation
très sombre et grotesque de notre monument phare est censée renvoyer
à l’univers tout aussi grotesque et inquiétant du roman de Victor Hugo.
 Il y aurait alors également une dénonciation
du contexte politique contemporain à la plasticienne.

jeudi 27 septembre 2018

Une affaire d'État - Chapitre I : L'obsession de Morganne


«  T'es au courant que la cigarette n'est plus cool depuis une dizaine d'années ? »
Morganne regarde sa petite amie du moment avec une inexpression méprisante. Elle a dépassé le cap faussement capital de la trentaine, avoué son homosexualité à sa famille de gaullistes miséreux, ne leur parle plus depuis le froid qu'elle a jeté dans leur relation déjà tissée d'incompréhension, et surtout, ne s'est jamais intéressée aux garçons. L'individu qui s'est libéré des contraintes, de la soumission au désir de l'autre sexe s'est libéré de tout le reste. Il se moque sincèrement de ce qui est « cool » ou non. Dommage que Joëlle soit encore si soumise aux modes et au jugement de la masse. Ou peut-être est-ce grâce à cette fragilité que Morganne daigne passer du temps avec elle en dehors du lit. Cheveux longs, voix aigüe et démarche plutôt féminine, on sent bien qu’elle n’est pas encore totalement lesbienne, ni même bisexuelle. Morganne pense qu’elle se cherche encore et que ce sera quitte ou double pour son orientation sexuelle définitive. Une chose est sûre pour l’instant, le duo fonctionne à merveille. L’une pense et agit, l’autre nuance et appuie.

Le principe de fonctionnement du couple a bien été respecté depuis la récente découverte de Morganne, désormais l’unique objet de ses pensées. Elle sait tout, et contrairement aux sangsues hypocrites parisiennes qui en savent autant, elle n’a pas l’intention de se taire. René Ducros-Cambre, directeur de la police judiciaire de Paris depuis une dizaine d’années, n’est pas soupçonné de, mais couvre un réseau de prostitution exploitant en partie des mineures. Des langues policières et ambitieuses se sont déliées : RDC souffre d'une dépendance aigue au sexe agrémentée, comme c'est souvent le cas, d'un goût pour la chair très fraîche.

Morganne obtient toujours ses petits scoops à l'horizontale, des séparations de couples emblématiques aux futures démissions de ministres charismatiques. Mais elle n'avait encore jamais eu droit à une affaire d'État étalée sur l'oreiller. Cette première, elle la doit à Mélanie Le Brun du Puits, stagiaire depuis un an au service police-justice de l'une des plus grandes chaînes d'infos en continu du pays. Le problème de Mélanie n'est pas tant son manque de résistance à la vodka que sa tendance à avoir l'alcool bavard. Elle-même n'en sait pas plus sur les sources, elle a juste entendu des bruits. Discrète, personne ne se méfie d'elle, et certains collègues murmurent à la machine à café où à la cantine. Le rédacteur en chef aurait subi des pressions et songe sérieusement à ne rien révéler.

« T'entends ce que je te dis ? Et ça serait dommage de gâcher un corps pareil, dit-elle avec un sourire coquin.
- Hein ? Oui ?, susurre Morganne en écrasant sa cigarette, réalisant qu'elle était perdue dans ses pensées, toujours les mêmes.
- Ne me dis pas que tu en es encore à cette histoire de putes ?? Laisse tomber ! En quoi ça te regarde ? Et c'est dangereux, surtout. Bertrand t'a bien dit qu'il n'en ferait rien lui-même."
Morganne avait bien pris soin de ne pas lui nommer la source des infos, sans parler des circonstances d'obtention. Elle a donc demandé à son meilleur ami, lui aussi journaliste, de la couvrir.

Le nombre de personnes mises au courant dans son entourage s'élève désormais à trois, un chiffre énorme. Fort heureusement, Morganne peut compter sur la discrétion de Bertrand, lui-même journaliste politique depuis onze ans et dont la mémoire aurait largement de quoi la faire pâlir, avec son scoop ridicule. Mais pour le moment, il ne sortira pas ; seule Morganne, pas encore totalement écrasée par le cynisme, refuse de faire comme si tout était normal. La révélation devient une obsession avant de modifier son comportement social. D'habitude très fêtarde, la jeune lesbienne s'isole car elle n'a plus qu'une idée en tête : faire tomber RDC en utilisant Mélanie.

Simone de Beauvoir pensait que l'on ne naissait pas femme, mais le devenait ; or la trajectoire intellectuelle de Morganne prouve que l'on ne naît pas non plus féministe ou lesbienne, mais que les hommes vous y poussent. Aucune réflexion murie en solitaire à la lumière d'une bougie. Juste un pervers narcissique qui rabaissait sa mère et ses sœurs jusqu'à ce que Morganne, l'aînée, le dénonce auprès de l'assistante sociale de son collège. Elle devait avoir treize ans. Ou quatorze ? Sa mère lui en avait voulu pendant les premières années à cause des problèmes d'argent qui ont suivi. Et cette même période, celles de la maudite adolescence, avait été atroce pour Morganne. Entre les garçons boutonneux obsédés par leur sexualité et les filles obsédées par leur ligne ET leur sexualité, la weed et les dissertations lui ont sauvé la mise. À la fac de lettres, les choses ont changé et Morganne, avec l'aide d'une étudiante en cinquième année, s'était définitivement débarrassée du fardeau de la féminité. Elle était devenue lesbienne, légère et forte. Mieux dans sa peau que jamais.

Du haut de son petit nuage de Terrienne décomplexée, elle pouvait voir comment les hommes abusaient de leur position. De stages en stages dans le journalisme, elle voyait les exemples d'abus de pouvoir se suivre et se ressembler. Les minettes en profitaient, en jouaient, du port du décolleté au - rare, tout de même - passage à la casserole, celles qui n'avaient aucun contact, celles qui débarquaient dans la jungle parisienne, se débrouillaient autrement. Parfois le travail ne suffit pas. Les garçons intriguaient, séduisaient les quelques fois où les directeurs de rédaction étaient des directrices, tandis que les filles se contentaient d'exploiter leur jeunesse.

Morganne quant à elle s'était démarquée non pas grâce à son travail acharné - tout le monde ou presque se donne à 100 % dans ce genre de métiers convoités - mais par son culot, sa grande gueule, sa ténacité, comme on dit poliment. Et sur un malentendu, ça a marché : un stage dans la rédaction de l'édition lorraine du quotidien France Actu, puis un CDD, un autre CDD, puis encore un CDD au sein de la rédaction nationale à Paris. À partir de là, le parcours classique de la provinciale moyenne. Le squat chez les collègues, des amantes mensuelles ou hebdomadaires, et enfin le Graal : la chambre de bonne à 800€ par mois. Maintenant tout va bien, elle est en colocation avec Betrand et travaille - en CDI ! - comme chroniqueuse chez France Actu. Les débats d'actualité la passionnent. Chaque jour que le Dieu des journaleux fait, elle massacre ou encense des personnalités médiatiques. Politiques, acteurs, chanteurs ou starlettes du PAF, rien n'échappe à "Mordame", le pseudonyme de celle qui a un avis sur tout, mais qui le donne avec style.

Jusqu'ici, les "affaires" ne la touchaient pas outre-mesure. Elles n'étaient que matière première à s'indigner sur papier, mais certainement pas des choses à prendre au sérieux. Ses idéaux de jeune fille sur la justice sociale, l'oppression des plus faibles, la cupidité et le cynisme des puissants, même le féminisme, n'étaient pour la jeune femme que des contingences, des outils pour fabriquer ses figures de style sur fond d'indignation de pacotille. En revanche, les soirées alcoolisées, les conquêtes et la littérature sont nécessités. Il n'en est rien de l'affaire René Ducros-Cambre. Cet homme cristallise toutes les révoltes qui sommeillent encore en Morganne malgré tout. Il a la soixantaine et appartient donc à la même génération que son père, celle qui n'a pas été biberonnée au porno, mais aux blagues sur les blondes et les femmes qui ratent leurs créneaux. Il abuse de sa position. Il aime les gamines. Elle n'a jamais pu supporter cela. Quand elle repense à tous ces vieux libidineux qui, pourtant à l'aube d'un nouveau millénaire, hurlaient sans complexe que la petite Alizée étaient "bien sexy", Morganne se dit que la morale n'est pas forcément là où elle doit être et qu'on l'emmerde bien trop pour son look de butcher et ses chroniques virulentes. Le choquant est ailleurs. La bave de ces vieux libidineux qui fantasment sur des nymphettes mériterait d'être remplacée par un crachat morveux dans leur figure.

« T'as raison Joëlle. C'est pas notre problème, après tout.
- Évidemment. Si tu commences à être perturbée par la moindre affaire de mœurs, ce monde n'est pas fait pour toi. Bon allez, on y retourne passionaria ?
- Ouais », répond Morganne avec un faux sourire, incapable de mobiliser les muscles de la partie haute du visage.

samedi 10 mars 2018

Si aujourd’hui j’ai envie de te parler de Paris



Si aujourd’hui j’ai envie de te parler de Paris,
Rapproche-toi et ne me regarde surtout pas.
La Province la considère avec méfiance et envie
Car au rythme de ses fourmis qui marchent au pas
Bat une ville et ses alentours, pouls de tout un pays.
Les régions ont leur caractère et Paris est un appât
Pour que morde le Provincial qui réussit.
Des illusions perdues le poussent vers le trépas
Et s’il reste, de cynisme son avidité grandit.
Sa tête est grosse, son âme est mince, mais il ne le voit pas.
Il est à Paris et ici, tous les cœurs sont gris.

Si aujourd’hui j’ai envie de te parler de Paris,
Viens près de moi et songe comme j’en suis parti.
On y rentre en pensant que tout est à prendre,
Mais elle vous avale en sachant que tout est à vendre.
L’argent s’infiltre dans les moindres recoins de l’esprit,
Les pieds écrasent en silence la misère dans son cri.
Alors si tu résistes aux inhumains méandres
D’une capitale qui vole l’équilibre sans le rendre,
Quitte-la avant qu’elle ne fasse de toi un citadin aigri !
J’ai quitté Paris car là-bas, les Hommes sont des rats qui jamais ne sourient.



mardi 15 octobre 2013

Raise your standards regarding travel destinations

As a traveler, not constantly but pretty often on the road, I am much more interested in people than in climates, landscapes or architecture. Don’t get me wrong: everything is worth traveling, but people and their culture (habits, food, mentality) is complex to approach and therefore the most interesting part of a trip. After all, this blog is called “rock and volk”. This is why a post from a friend of mine naturally caught my attention when I browsed my Facebook feeds a couple of days ago. Warning about this interesting study “Like all surveys and studies, this one has flaws. However, it does provide some useful insights. That said, the best way to find out how accurate it is, is to go explore these countries and see for yourself.”
Here’s the link:


This graph is the perfect scientific – it’s based on a survey – confirmation of the insights I began to develop since my trip to Argentina (http://rockandvolk.blogspot.fr/2013/09/on-road-edvitam-aeternam.html). This one is an incredibly expensive, sometimes unwelcoming and even unsafe destination compared to other ones. Again, don’t get me wrong, I had a blast there, but I think you can do much better choosing one of the destinations listed above. If you take a better look at this Top 15, you will not only find unusual touristic destinations, like Montenegro or Macedonia, but also common ones: Thailand or Morocco for example. I just wanted to talk about these two ones for I planned to pick them as my next destinations. I’d like to go to Thailand for its amazing beaches and…cheap accommodation, sure, BUT also for its Volk. What I meant here is: you don’t necessarily need to go off the beaten tourist path to find good attitudes of locals towards foreigners. Moroccans are said to be the most generous people ever…well…I’ve heard that 100 times...But I’m French. So, considering our special relationship with Morocco and the high number of French of Moroccan origin, I assume I am not objective. But still, just look at the graph. Anyway, you don’t have to, but I recommend any “real” traveler – interested in culture, (lovely bilingual) people - to go off the touristic beaten path and to fly to MACEDONIA. This picture was taken on a Sunday night in Skopje.


Now let’s have a look at the bottom 5. Hum, no big surprise regarding some of them. As a woman, I am not really dreaming of a trip to Iran or Pakistan anyway. Denmark: checked. I used to deal with Danish customers in my previous job and had the opportunity to learn about their pretty conservative mentality, like no euro, high-level border control…Venezuela, Trinidad and Tobago, Bolivia, Russia, Nigeria: I don’t know about people’s attitude towards foreigners, but I have some idea about the feeling/reality of safety in these countries.


But WAIT! My own country in the bottom 15! I am friendly, speak fluently English, I always help lost tourists finding their way in our capital, and Paris is the city of lights, the capital of fashion, romance and the most touristic destination in the world. Ok, ok…I was playing the surprised innocent girl. Paris is dirty, full of rude people and pickpockets. No…not like in any big cities, much more! How many times did I hear “ohh they hate talking in English. They told me we were in France and supposed to speak French when I asked for some information”? I stopped counting and always prefer to keep my annoyance inside. To me, these things are clichés about French people and I feel like slapping every foreigner telling that to me, but still I take their reports seriously. No matter how confusing the paradox may sound, this is how I feel. If you understand some French, please read this hilarious article from the French equivalent of “The Onion”. Then you know we are aware of how unwelcoming Paris definitely is.


Secondly, I’m in love with Italy, especially because of their food and (similar) beautiful language. No, not even because of the architecture or landscapes. I loved them but beauty of cities and nature can be found anywhere! But hey, Italy is still on that Bottom 5. What I mean by these two examples is that people know they won’t meet a great majority of friendly locals; they run a higher risk to get stolen or ripped off, but still. Paris is the first touristic destination since ages, and Italy remains incredibly popular amongst tourists. Why? In my opinion, there’s always a little voice in many people’s heads saying “you HAVE to go there”. This typical sheep-like attitude is perfectly normal, but please don’t complain! You knew it all about safety, friendliness and money. Once again, beauty is everywhere; don’t take it as an excuse. You picked your destinations because of that little bitchy voice, the same that sometimes tells you to buy the new IPhone.  

Oh, one last thing: did I say "go to Macedonia" ?

Skopje

dimanche 13 octobre 2013

Pourquoi les Français sont-ils des boulets ?

(À LIRE JUSQU’À LA FIN)

Expatriée ou réfugiée ?
En tant que Française expatriée en Allemagne, il y a bien évidemment de nombreuses choses qui me manquent, comme la bouffe ! D’autres me permettent de penser « Boarf. Je suis bien ici », or les Français en font partie. J’entends par là uniquement la partie masculine de la population ; cet article est pour vous mesdames car je suis persuadée que vous partagerez avec moi ces quelques lignes, mais surtout pour vous messieurs. Je précise que techniquement je ne suis pas expatriée puisque j’ai directement eu un contrat local en arrivant. Je suis donc plutôt une Allemande comme les autres, enfin presque…j’ai malheureusement dû supporter mes (vrais) compatriotes mâles pendant bien trop longtemps avant de trouver cette paix entre les sexes.

La rue
L’endroit public par excellence, celui dans lequel vous êtes libres d’aller et venir dans la tenue qui vous convient, du moment que vous évitez la burqa.


Le problème c’est que dans notre pays, une forte proportion d’abrutis vient perturber notre journée. Sachez que dans la réalité ces interpellations impromptues sont mal faites, parfois vulgaires et presque jamais flatteuses. Loin de là. Je ne m’abaisserai pas à faire la liste des phrases ridicules (dans le meilleur des cas) ou blessantes (dans le pire) qui ont été prononcées à mon endroit. Cela est inutile car d’une part j’en ai oublié la moitié (mémoire sélective), d’autre part cela a déjà été fait avec plus de talent.
De la même manière que nous avons le droit d’aller où bon nous semble, vous avez celui de vous exprimer. Cependant la liberté d’expression de certains abrutis s’arrête là où commence la liberté de circulation des femmes. Je ne dis pas les belles femmes, mais bel et bien les femmes. La très girly Bérangère Krief résume bien le constat : vous draguez n’importe quoi du moment que ça a des cheveux. La remarque de la doudoune est très pertinente à ce sujet.
Je vais tout de même tempérer mon propos. Les hommes ont le droit et même le devoir d’aborder les filles puisque, même en 2013, les chances que l’inverse se produise sont trop minimes. Malheureusement siffler, commencer ses phrases par « hey mad’moiselle mad’moiselle » ou encore nous demander l’heure s’avère toujours pathétique ou agaçant, au choix, en fonction de l’humeur de l’instant. Non, les Français ne savent pas draguer, leurs paroles ne sont que dégueulis de machisme primaire et d’agressivité envers nous. L’insulte tarde d’ailleurs rarement à seconder l’ignorance. Oh il ne faut pas blesser les Français dans leur orgueil de mâle, les pauvres, ils ont si peu confiance en eux. Mes propos si péremptoires sont-ils justifiés ? Ces caractéristiques sont-elles si propres aux Français que cela ? Ne sont-elles pas tout bêtement celles des hommes ?

Les autres
Ben euhh oui et non. Toute personne faisant l’effort du premier pas et se prenant un râteau s’en trouve inévitablement blessé dans son orgueil. Chose d’autant plus valable pour les hommes, naturellement fabriqués pour la compétition, la gagne et le résultat. Pourtant rien ne justifie le manque d’estime que bon nombre de Français ont pour les femmes, un manque qui lui-même fonde toute cette agressivité perçue et réelle.


Un putain de sourire sincère, charmeur, enjôleur, peu importe l’adjectif mélioratif, un putain de sourire optimiserait votre rendement bande de losers ! Alors je vous le dis, aussi étonnant que cela puisse paraître : OUI les autres sont mieux. Les Allemands sont pétris de respect envers les femmes (à observer le comportement des Allemandes on comprend pourquoi ils marchent droit), ce qui les rend incroyablement craquants et classes dans leur timidité. Les Italiens savent draguer, ils ont la tchatche avec leur sourire sincère greffé au visage. Ce sourire qui dit « je suis juste content de te parler » et pas le vôtre (quand il y en a un) qui dit « je veux pécho à tout prix et ma fausse sympathie à ton égard est purement stratégique ». Les Israéliens, mes préférés, s’intéressent à leur interlocutrice, posent des questions. Ils ne font pas semblant pour atteindre leur but (non, ça c’est vous), la curiosité envers les gens qu’ils rencontrent fait partie de leur culture. Mais bon, on ne s’intéresse pas à quelqu’un qu’on méprise, donc oubliez, vous n’y arriverez jamais non plus.
Bon, bon, je tempère mes propos pour la deuxième fois. Il y a pire, y compris au sein de cultures relativement proches : les Latinos. Mes cauchemars : plus agressifs, plus faux-culs, plus antipathiques, plus de décibels dans les sifflets et plus mal rasés que les Français. Cerise sur le gâteau : ils peuvent vous embrasser de force, et mal, toujours. 4 kilomètres de langue pour nous étouffer, parce qu’ils sont virils, donc ils prennent tout l’espace, normal. Là encore, on reste dans l’ordre du subjectif : bien des femmes aiment se faire violenter et je respecte tous vos délires mesdames.
Le problème vient sans doute de moi. Oui, je suis douée en orthographe.


Les Français vus de l’étranger
Non, vous n’êtes pas d’irrésistibles Frenchies. La seule raison pour laquelle les Américaines (car ce sont elles qu’on entend le plus à ce sujet) aiment se faire aborder dans les rues de Paris relève de l’exotisme. Elles aiment la mélodie de notre langue (vous avez bien de la chance, vous n’y êtes pour rien) et surtout elles se sentent moins transparentes que dans leur pays où leurs mâles, par peur de se retrouver en taule pour viol, osent à peine les regarder dans les lieux publics. Certes les femmes françaises ont bien trop appris à baisser les yeux et fermer leur gueule (cf. première vidéo de cet article), mais d’autres ont bien trop appris à castrer leurs compatriotes. Cela n’empêche pas la culture américaine de véhiculer du machisme à outrance et une image de la femme ultra dégradante car fondée sur une imagerie ultra superficielle, empreinte de pornographie. En revanche, le superficiel omniprésent a au moins le mérite de faire des hommes les autres victimes. Il n’y a pas de raison que seules les femmes se doivent d’être parfaites. Pas belles ni charmantes, mais parfaites hein. Et bien en Amérique, cela s’applique également aux hommes ; et grâce à cette culture avilissante, les mecs se doivent d’être gaulés.


Allez, sans rancune. La pseudo-paix entre les sexes en Allemagne que j’évoque au début de cet article n’est que le résultat de Monsieurs psychologiquement émasculés et de Madames mentalement testostéronées. Ici la spontanéité est trop rare, l’alcool est trop nécessaire pour que chacun enlève le balai qu’il a dans le cul…et comme je ne suis pas alcoolique, très peu pour moi. Je suis franco-française et si vous êtes bien pourris, alors je le suis autant que vous. Je le jure, je me marierai (plutôt crever) mettrai en ménage/reproduirai avec un compatriote. (JE VOUS AVAIS DIT DE LIRE JUSQU’À LA FIN)